La situation autour de Patrick Bruel a pris une tournure préoccupante. Ce mercredi 20 mai, plusieurs maires de grandes villes françaises se sont exprimés publiquement, demandant au chanteur d’interrompre sa tournée en raison des accusations de violences sexuelles qui pèsent sur lui. De Paris à Marseille, en passant par Nancy, le front des élus s’élargit rapidement et la réponse de l’artiste se fait toujours attendre.
EN BREF
- Des maires de Paris, Marseille et Nancy demandent à Patrick Bruel de suspendre sa tournée.
- Plus de 22 000 signatures récoltées sur une pétition pour l’annulation des concerts.
- Les accusations de violences sexuelles continuent de s’accumuler, provoquant une pression politique sans précédent.
Le mouvement a pris de l’ampleur en quelques heures. Emmanuel Grégoire, le maire de Paris, a été le premier à prendre la parole sur France 2, affirmant que le chanteur devrait « se retirer » pour préserver la sérénité de sa défense. Toutefois, il a précisé qu’il ne demanderait pas au préfet d’interdire formellement le spectacle. Ce même jour, le maire de Nancy, Mathieu Klein, s’est montré plus direct sur les réseaux sociaux, déclarant : « Je ne vois pas comment les concerts de Patrick Bruel pourraient se tenir, à Nancy comme ailleurs. »
À Marseille, Benoît Payan a souligné « la gravité des accusations portées par de nombreuses femmes » et a appelé le chanteur à renoncer à son concert prévu le 30 octobre. Une pétition en ligne, qui exige l’annulation de sa tournée, a déjà dépassé les 22 000 signatures. Bien que cette mobilisation soit significative, aucun des maires n’a le pouvoir légal d’imposer une annulation.
Au-delà des élus locaux, les réactions politiques ont atteint le sommet de l’État. Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, a déclaré sur RTL que la décision de maintenir ou non les concerts « appartient à lui, et ne m’appartient pas ». Cette formulation prudente place ainsi la responsabilité directement sur les épaules de l’artiste. Par ailleurs, Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a confié sur France Inter qu’il lui semblait « évident » qu’elle ne participerait pas à ses concerts.
À Brest, le maire Stéphane Roudaut a également exprimé l’idée que Patrick Bruel « devrait avoir la décence de se mettre en retrait », tandis qu’à Saint-Étienne, Régis Juanico a appelé le chanteur à faire preuve de « sens des responsabilités » concernant sa prestation prévue le 20 novembre. Le climat devient de plus en plus tendu à mesure que les accusations se multiplient, rendant chaque date de tournée plus risquée.
Un élément crucial reste à prendre en compte : de nouvelles plaintes seraient imminentes, selon l’avocate de Flavie Flament, qui accuse Bruel de viol alors qu’elle n’avait que 16 ans. Au Québec, trois concerts ont déjà été annulés, tandis qu’en France, la tournée continue à afficher 57 dates programmées dans des zéniths et autres salles de spectacle à travers le pays.
Les organisateurs font face à un dilemme délicat : annuler la tournée signifierait mettre au chômage des dizaines de techniciens et intermittents, alors que maintenir les concerts pourrait entraîner des manifestations et nuire à leur image. Patrick Bruel, qui nie fermement toutes les accusations, n’a pour l’instant pas montré de signes de retrait volontaire. Une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le montre quittant discrètement le théâtre Édouard VII après une représentation, loin des caméras.
Il est essentiel de rappeler que la présomption d’innocence demeure intacte. Néanmoins, la pression politique qui entoure Patrick Bruel est sans précédent. Avec cinq maires, des figures de l’exécutif et du législatif, ainsi que plus de 22 000 pétitionnaires, jamais un artiste français n’aura été aussi publiquement sommé de quitter la scène de son propre chef. Patrick Bruel nie tout, la justice poursuit son enquête, et chaque nouvelle date de tournée devient un véritable test pour la frontière entre présomption d’innocence et responsabilité morale. Quel organisateur osera être le premier à débrancher la sono ?