Le débat autour des financements français en faveur de la Tunisie a pris de l’ampleur suite aux déclarations d’Edwige Diaz, vice-présidente du Rassemblement National (RN). Lors d’une interview sur franceinfo, elle a accusé le gouvernement de Gabriel Attal d’avoir retiré 50 millions d’euros du budget de la Sécurité civile en France pour les allouer à la Protection civile tunisienne. Cependant, cette affirmation s’avère inexacte. La France n’a jamais donné un tel montant, mais a plutôt accordé un prêt à travers l’Agence française de Développement (AFD).
EN BREF
- Edwige Diaz affirme que 50 millions d’euros ont été transférés à la Tunisie.
- La France n’a pas donné cette somme, mais a accordé un prêt de l’AFD.
- Les contribuables français paient 500 000 euros par an pour ce prêt.
Le 30 juin 2024, Gabriel Attal, alors Premier ministre, a effectivement signé un décret annulant des crédits destinés à l’acquisition de deux Canadair, un point soulevé par Edwige Diaz. Toutefois, il est crucial de préciser que le financement accordé à la Tunisie n’est pas une subvention, mais un prêt destiné à moderniser le dispositif de secours du pays. Ce prêt, d’un montant de 50 millions d’euros, a été conclu dans le cadre d’un accord signé en septembre 2024, à la suite de tragiques inondations qui avaient causé la mort de cinq personnes en 2018.
La mission de l’AFD est de soutenir des projets de développement à l’international, notamment dans des domaines tels que l’égalité femmes-hommes, la santé et le climat. Les 50 millions d’euros du prêt proviennent d’emprunts effectués auprès d’investisseurs privés et de banques centrales. Pour réduire le coût de ce prêt, l’État français apporte une contribution, ce qui signifie que les contribuables français financent partiellement ce projet à hauteur de 500 000 euros par an, soit 5 millions d’euros sur une période de vingt ans.
Cette contribution représente une dépense modeste par habitant, estimée à 0,14 euro en vingt ans, pour les 68 millions de Français. Toutefois, le retour sur investissement est mis en avant par l’AFD, qui souligne que 64 % des financements en Tunisie ont été attribués à des entreprises françaises entre 2020 et 2024. Ainsi, la coopération franco-tunisienne semble bénéfique pour les deux pays, en renforçant la capacité d’intervention de la Tunisie tout en soutenant l’économie française.
Au-delà des aspects financiers, la modernisation des services de secours en Tunisie a également des retombées sur la sécurité des Français qui se rendent dans le pays. Chaque année, environ un million de Français voyagent en Tunisie, et l’amélioration des dispositifs de secours contribue à leur sécurité. En outre, dans le cadre d’une charte de solidarité internationale, la Tunisie pourrait apporter un soutien en cas de catastrophe naturelle sur le territoire français, ce qui souligne les liens croissants entre les deux nations.
En somme, le prêt accordé par la France à la Tunisie est un exemple de coopération internationale qui vise à renforcer les capacités de secours dans un pays confronté à des défis importants. Les déclarations d’Edwige Diaz, bien que révélatrices d’un sentiment nationaliste, ne reflètent pas la réalité des engagements financiers entre les deux pays. La relation franco-tunisienne, à travers des projets comme celui-ci, pourrait ainsi se révéler bénéfique pour la sécurité et le développement économique des deux nations.