Ce mercredi, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a publié des prévisions de croissance pour la France, affichant une vision légèrement plus optimiste que celle de la Banque de France. Selon l’Insee, la croissance devrait atteindre **0,7%** en 2026, malgré un contexte économique difficile pour les ménages, qui subissent de plein fouet les effets de la conjoncture actuelle.
EN BREF
- Prévision de croissance de 0,7% pour 2026 selon l’Insee
- Les ménages sont particulièrement touchés par la situation économique
- Confiance des consommateurs en forte baisse, malgré une embellie industrielle
Dans sa note trimestrielle, intitulée **« L’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup »**, l’Insee a pour la première fois émis une prévision annuelle pour 2026. Cette prévision repose sur la dynamique attendue du produit intérieur brut (PIB), qui devrait croître de **0,3%** au deuxième trimestre, après une baisse inattendue de **0,1%** au premier trimestre.
Dorian Roucher, responsable du département de la conjoncture à l’Insee, a évoqué une **« embellie printanière »**, mais a averti que les troisième et quatrième trimestres devraient enregistrer une croissance modeste de **0,1%** chacun. Cette embellie est attribuée à une forte production dans certains secteurs industriels, notamment ceux qui ont été affectés par des tensions géopolitiques, comme le raffinage et la chimie, suite à des perturbations dans la région du Golfe.
Il est à noter que l’industrie aéronautique et navale affiche de bons résultats, avec une augmentation de la production de l’ordre de **20%** par rapport à l’année précédente. De plus, certains secteurs, tels que la rénovation de logements, pourraient connaître des **rebonds techniques** favorables, contribuant ainsi à la croissance attendue.
Cette vision optimiste de l’Insee contraste avec les prévisions de la Banque de France, qui table sur une croissance nulle pour le deuxième trimestre et ajuste ses prévisions annuelles à **0,5%**. Les économistes ont été surpris par une annonce récente concernant un éventuel accord entre l’Iran et les États-Unis, qui a pu influencer les projections. En effet, la Banque de France a précisé que ses prévisions ne prenaient pas en compte cet événement, contrairement à l’Insee.
Malgré les signes encourageants dans l’industrie, l’Insee s’inquiète de la **consommation des ménages**, qui pourrait connaître une stagnation en 2026. Cette situation est d’autant plus préoccupante que les ménages doivent faire face à une hausse des prix due à des tensions internationales, notamment liées à la guerre en Iran. Contrairement à l’inflation de 2022, où le gouvernement avait mis en place des aides massives, cette fois-ci, les mesures d’assistance sont très ciblées afin de ne pas aggraver un déficit public déjà élevé, ramené à **5,1%** du PIB l’an dernier.
La confiance des consommateurs s’est de fait **effondrée**, avec une prévision d’augmentation des prix de **2,7%** d’ici la fin décembre, alors qu’elle était inférieure à **1%** avant le conflit au Moyen-Orient. Les experts de l’Insee s’attendent à ce que les tensions sur les prix se poursuivent, en particulier dans le secteur des produits manufacturés.
En outre, les salaires en France ne s’ajustent pas à la hausse actuelle des prix, à l’exception du salaire minimum, qui a été revalorisé le 1er juin. Le pouvoir d’achat des ménages devrait donc diminuer de **0,3%** sur l’année, dans un contexte où le marché du travail se détériore, avec un taux de chômage prévu à **8,4%** d’ici la fin de l’année, en hausse par rapport aux années précédentes.
Dans ce contexte incertain, il est essentiel de suivre l’évolution des indicateurs économiques afin d’évaluer l’impact réel sur les ménages et la société française dans son ensemble.