Les négociations commerciales entre supermarchés et fournisseurs touchent à leur fin ce dimanche 1er mars, après trois mois de discussions souvent tendues. Ces négociations, qui se tiennent chaque année, déterminent les prix des produits des marques nationales. Les grandes enseignes de distribution, telles que Carrefour, Leclerc et Intermarché, achètent leurs stocks pour l’année auprès de géants de l’industrie agroalimentaire comme Nestlé, Lactalis et Mondelez.
EN BREF
- Les prix de certains produits alimentaires vont augmenter, comme la viande et les sardines.
- En revanche, les féculents, notamment le riz et les pâtes, verront leurs prix baisser.
- Les hausses de prix sont en partie dues à des crises spécifiques dans certains secteurs.
Les tensions entre les supermarchés, qui cherchent à maintenir des prix bas pour attirer les consommateurs, et les fournisseurs, qui souhaitent obtenir des tarifs plus élevés, sont monnaie courante. Cette année, le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a évoqué une inflation modérée d’environ 1%, mais les augmentations de prix ne seront pas uniformes, certains produits connaissant des hausses significatives tandis que d’autres verront leurs tarifs diminuer.
Les hausses attendues
La viande de bœuf, par exemple, est sur le point de subir une nouvelle augmentation. Selon les données de l’UFC-Que Choisir, le prix de la viande bovine a déjà grimpé de 10% entre novembre 2024 et novembre 2025, et la situation ne semble pas s’améliorer en 2026. La crise dans le secteur de la viande bovine est aggravée par le départ à la retraite de nombreux producteurs sans successeurs pour prendre la relève. De plus, des épidémies comme la dermatose nodulaire ont eu un impact dévastateur sur les troupeaux en France, accentuant la hausse des prix.
Les sardines, également mentionnées par M. Bompard, vont voir leurs prix augmenter en raison d’une pénurie au Maroc, d’où proviennent deux tiers des conserves consommées en France. La situation sur le marché international affecte donc directement les consommateurs français.
Les baisses notables
Malgré ces hausses, certaines bonnes nouvelles émergent. Les féculents, notamment le riz, bénéficieront de baisses de prix significatives. Le coût du riz a chuté de 37% sur les marchés mondiaux, tandis que le prix du blé, ingrédient clé des pâtes, a diminué de près de 14% sur un an. Cela se traduira par des prix plus abordables pour les pâtes et la farine dans les rayons des supermarchés.
De plus, le sucre devrait également connaître une baisse, grâce à des récoltes de betteraves particulièrement fructueuses cette année. Un agriculteur de la Somme a même qualifié cette année de « exceptionnelle » pour la culture de betteraves sucrières.
Les produits sous pression
Dans le même temps, la pâte à tartiner, bien que le prix du sucre soit en baisse, verra son tarif augmenter. Cette situation est due à la forte hausse des prix du chocolat, liée à l’augmentation des cours du cacao. En janvier, le prix du cacao était redescendu sous la barre des 5 000 dollars la tonne, mais les contrats d’achat signés par des grandes marques comme Ferrero et Mondelez ont été établis à des prix plus élevés, ce qui impacte les consommateurs.
Un phénomène similaire se dessine pour le café, dont les prix ont également connu une forte hausse ces dernières années, en raison de conditions climatiques défavorables dans les pays producteurs. Bien que les cours aient baissé récemment, les réductions de prix en rayon ne seront pas visibles avant l’année prochaine.
Alors que les négociations s’achèvent et que les prix des produits alimentaires se précisent, il est crucial pour les consommateurs de rester informés des évolutions à venir et de leurs impacts sur le budget familial. La balance entre les hausses et les baisses pourrait redéfinir les choix d’achat au sein des supermarchés dans les mois à venir.