Prisma Media annonce la suppression de 261 postes, 40 % de ses effectifs menacés

Le groupe Prisma Media, leader de la presse magazine en France, a récemment informé les représentants du personnel d’un plan de restructuration significatif. Ce projet prévoit la suppression de 261 postes, ce qui représente 40 % de ses effectifs. Cette décision a été révélée par la CGT, qui a qualifié la situation de « vrai carnage ».

EN BREF

  • Prisma Media prévoit de supprimer 261 postes, soit 40 % de ses effectifs.
  • Cela concerne environ 90 postes de journalistes dans différents titres.
  • Le plan s’inscrit dans une série de restructurations au sein du groupe depuis deux ans.

Selon un document transmis à l’AFP, cette réorganisation pourrait entraîner jusqu’à 279 licenciements pour motif économique sur un total de 650 postes comptabilisés au 31 janvier. Le projet a été présenté aux représentants du personnel ce lundi, marquant une étape critique pour le groupe, qui a récemment été repris par des proches du milliardaire Vincent Bolloré.

Une direction sous pression

Serge Nedjar, directeur des rédactions de Prisma Media et également à la tête de la chaîne d’information CNews, a été nommé à ce poste en septembre. Gérald-Brice Viret, vice-président du groupe, cumule les fonctions de directeur général de Canal+ France. Ce changement de direction pourrait influencer les décisions prises par le groupe, déjà sous l’œil vigilant des syndicats.

Emmanuel Vire, délégué syndical CGT, a exprimé une forte inquiétude quant à l’impact de ces suppressions de postes sur les équipes, qualifiant la situation de « carnage ». Une assemblée générale du personnel est prévue dans l’après-midi, où Gérald-Brice Viret devrait s’exprimer pour clarifier la situation.

Des titres en danger

La restructuration touchera plusieurs titres emblématiques de la presse française, tels que Capital, Géo, Femme Actuelle, Voici, et Télé-Loisirs. De plus, des publications comme Géo Histoire et Femme Actuelle Jeux seront arrêtées, illustrant une réduction significative de l’offre du groupe. Prisma Media a acquis récemment Ici Paris et France Dimanche, mais ces ajouts n’ont pas suffi à compenser les défis économiques rencontrés.

En décembre dernier, Prisma Media avait déjà évoqué un plan de départs qui devait initialement concerner un tiers des salariés. Ce nouvel annonce représente une intensification de cette stratégie de réduction des coûts, marquant la troisième vague de départs en deux ans sous la direction du milliardaire Bolloré.

Engagement pour le reclassement

Prisma Media a déclaré qu’elle ferait tout ce qui est en son pouvoir pour minimiser l’impact de ces suppressions sur l’emploi. La direction a précisé qu’elle mobiliserait les ressources du groupe Louis Hachette, propriétaire de Prisma, pour favoriser le reclassement des salariés dont les postes seraient supprimés. Toutefois, les modalités précises de ce reclassement restent encore floues.

La direction de Prisma, sollicitée par l’AFP, a indiqué qu’elle prévoyait de réagir ultérieurement à ces préoccupations. La situation dans le secteur de la presse demeure délicate, avec de nombreuses entreprises confrontées à des défis similaires dans un paysage médiatique en constante évolution.

La prochaine réunion du comité social et économique, prévue vendredi, devrait apporter des précisions sur les modalités de cette réorganisation. Les employés demeurent inquiets face à l’incertitude qui pèse sur leur avenir professionnel et sur l’avenir de la presse magazine en général.