Procès Athanor : des francs-maçons accusés de crimes graves jugés à Paris

Ce lundi, le procès Athanor s’ouvre à Paris, mettant en lumière les activités criminelles d’une loge maçonnique impliquée dans des faits graves, allant jusqu’à l’assassinat. Au total, 22 accusés comparaissent devant la cour d’assises, où ils seront jugés pendant trois mois et demi. Les charges incluent des tentatives d’assassinat et un meurtre prémédité, révélant un réseau complexe de barbouzeries orchestrées par des militaires, un ancien policier et des entrepreneurs.

EN BREF

  • Procès de 22 membres de la loge maçonnique Athanor pour des crimes graves.
  • Les accusations incluent l’assassinat d’un pilote automobile et des tentatives d’assassinat.
  • Les faits révèlent l’implication de militaires et d’anciens agents de renseignement.

L’affaire débute avec l’assassinat raté de Marie-Hélène Dini, une coach en entreprise, le 24 juillet 2020. Les deux militaires arrêtés à proximité de son domicile croyaient avoir été engagés pour éliminer un agent du Mossad, mais ils finissent par cibler Dini, qui n’est pas espionne mais qui a des ennemis dans son domaine. Jean-Luc Bagur, ancien « vénérable maître » de la loge Athanor, aurait commandé l’élimination de Dini pour un montant de 70 000 euros hors taxes.

Bagur, âgé de 69 ans, a engagé Frédéric Vaglio, un entrepreneur de 53 ans, pour mener à bien cette mission. Vaglio a, à son tour, mobilisé Daniel Beaulieu, un ancien agent de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur (DCRI), aujourd’hui âgé de 72 ans, qui se serait reconverti dans l’intelligence économique. Beaulieu a joué un rôle clé dans la planification des opérations criminelles, décrivant plus tard l’assassinat comme une « bavure ».

Les activités criminelles du groupe ne se limitent pas à l’assassinat. Elles incluent des agressions, des vols, des incendies et des intimidations. Une des missions notables fut l’assassinat de Laurent Pasquali, pilote automobile, en novembre 2018. Sébastien Leroy, un agent de sécurité et bras droit de Beaulieu, est accusé d’être l’exécutant de plusieurs de ces crimes. Leroy a reconnu avoir été manipulé par Beaulieu, qui lui avait proposé de devenir « informateur pour le renseignement intérieur ».

Cette affaire soulève des questions sur la confiance accordée à des individus censés protéger la société. L’avocat de Marie-Hélène Dini, Me Jean-William Vezinet, souligne que les protagonistes impliqués sont des membres des forces de l’ordre et des franc-maçons, censés agir pour le bien commun. Dini a exprimé son soulagement que son assassinat ait échoué, mais en même temps, elle a subi de lourdes conséquences personnelles.

La tentative d’assassinat de Dini n’était qu’un aspect des plans macabres de ce réseau. Un autre projet impliquait l’élimination de Hassan Touzani, un syndicaliste « gilet jaune » jugé gênant par ses employeurs. Les avocats de Leroy, Mes Archibald Celeyron et Antoine Ory, affirment que leur client continuera à s’expliquer lors de l’audience.

Les avocats des accusés, comme Me Dylan Slama représentant Touzani, s’interrogent sur la dynamique de pouvoir qui a permis à ces individus de se sentir tout-puissants. Les implications de cette affaire sont d’autant plus graves que Daniel Beaulieu, après une tentative de suicide en détention, présente des difficultés de concentration, ce qui pourrait affecter sa défense.

Le procès Athanor promet de révéler des éléments troublants sur les abus de pouvoir au sein de structures habituellement respectées, et comment ces individus ont pu s’organiser pour commettre des actes criminels en toute impunité.