Le procès très médiatisé sous le nom d’Athanor a débuté lundi dernier à Paris, mettant en lumière les actes criminels d’une loge de francs-maçons qui ont sombré dans des activités de barbouzerie. Pendant trois mois et demi, la cour d’assises entendra les témoignages de 22 accusés, dont treize font face à des peines de réclusion à perpétuité pour des faits aussi graves que l’assassinat.
EN BREF
- Le procès Athanor s’ouvre à Paris, impliquant 22 accusés pour des crimes graves.
- Treize accusés risquent la réclusion à perpétuité, dont plusieurs militaires et policiers.
- L’affaire débute avec un meurtre raté, révélant un réseau criminel complexe.
La présidente de la cour a ouvert l’audience peu après 10H00, procédant à l’identification des accusés. Parmi eux, cinq sont actuellement en détention, tandis qu’une femme comparaît libre et seize autres sont sous contrôle judiciaire. Les accusations portent sur des actes criminels allant de l’assassinat à la tentative d’assassinat.
Les origines de cette affaire remontent au 24 juillet 2020, avec l’assassinat raté de Marie-Hélène Dini. Deux militaires, interpellés près de son domicile, affirment avoir été manipulés et pensaient cibler un agent du Mossad pour le compte de l’État français. En réalité, Marie-Hélène Dini, coach professionnelle, n’a aucun lien avec le renseignement, mais était la cible d’un rival, Jean-Luc Bagur, collectionneur d’armes et « vénérable maître » de la loge maçonnique Athanor, désormais dissoute.
Pour un montant de 70 000 euros hors taxes, Jean-Luc Bagur aurait confié l’exécution de cette mission à Frédéric Vaglio, un autre membre de la loge. Accusé de faire le lien entre le commanditaire et les exécutants, Vaglio aurait orchestré une série de crimes, dont l’assassinat du pilote automobile Laurent Pasquali en novembre 2018, une première mission « homo » (pour homicide) confiée à Sébastien Leroy, bras armé de Daniel Beaulieu, un ancien agent des services de renseignement.
Sébastien Leroy, passionné d’espionnage, a admis avoir exécuté de nombreux actes criminels sous l’influence de Daniel Beaulieu. Ce dernier, dont le rôle était celui d’un donneur d’ordres intermédiaire, a mené une double vie pendant 20 ans avant son arrestation. Son témoignage sera essentiel pour comprendre la dynamique de manipulation et d’emprise au sein de ce réseau.
Pour Marie-Hélène Dini, victime de l’un de ces attentats, l’impact de ces événements a été dévastateur. « J’ai eu beaucoup de chance, ça a permis d’arrêter un certain nombre d’actions, mais cela a eu de lourdes conséquences sur ma vie », confie-t-elle.
Les projets d’élimination ne se sont pas arrêtés là. Les membres du réseau ont également prévu d’assassiner Hassan Touzani, syndicaliste et « gilet jaune », jugé gênant par ses employeurs, qui eux aussi sont renvoyés devant la cour d’assises. Les avocats de Sébastien Leroy ont indiqué qu’il continuera de collaborer avec la justice, ayant déjà choisi de s’expliquer lors de l’audience.
Cette affaire soulève des questions profondes sur la moralité et l’éthique au sein de certains cercles de pouvoir. Daniel Beaulieu, en particulier, se retrouve dans une position délicate suite à une tentative de suicide en détention qui l’a laissé avec des séquelles. Son avocat a évoqué une « capacité de concentration atteinte », ajoutant une couche de complexité à son témoignage futur.
Le procès Athanor s’annonce comme un révélateur des dérives d’un système où l’emprise et la manipulation semblent avoir pris le pas sur les valeurs morales et éthiques. Les audiences à venir pourraient bien éclairer davantage les motivations et les mécanismes de ce réseau criminel.