Procès de Christophe Ellul : Curtis, le chien d’Elisa Pilarski, au cœur des débats

Ce mardi 3 mars 2026, le tribunal de Soissons s’apprête à examiner l’affaire tragique d’Elisa Pilarski, morte en 2019, après avoir été mordue par un chien. Ce procès, qui se déroule six ans après les événements, soulève des questions cruciales quant à la présence de Curtis, l’American Pitbull Terrier, ancien compagnon de la victime et actuellement considéré comme une « pièce à conviction ».

EN BREF

  • Le procès de Christophe Ellul s’ouvre au tribunal de Soissons.
  • Curtis, le chien impliqué, pourrait être présent en tant que pièce à conviction.
  • Christophe Ellul encourt jusqu’à 10 ans de prison pour homicide involontaire.

Le 16 novembre 2019, Elisa Pilarski, alors enceinte de six mois, se rend dans la forêt de Retz, dans l’Aisne, avec Curtis, le chien de son compagnon Christophe Ellul. Quelques heures plus tard, son corps est découvert, marqué par des morsures. Si Christophe Ellul a d’abord évoqué une attaque par une meute de chiens, des expertises ultérieures ont établi que seuls les crocs de Curtis correspondaient aux blessures de la victime. Depuis, il est accusé d’homicide involontaire.

Âgé de deux ans au moment des faits, Curtis avait été importé illégalement en France par Ellul, qui l’avait entraîné à mordre. Actuellement, le chien est placé dans un chenil en Haute-Garonne, et il est considéré par la justice comme un « scellé vivant ». Ce statut soulève des interrogations quant à sa présence lors du procès, une question qui divise les acteurs de l’affaire.

Alexandre Novion, l’avocat de Christophe Ellul, affirme que la présence de Curtis en salle d’audience est courante pour les pièces à conviction. En revanche, Me Sofia Salmeron, avocate de l’association Les Amis de Sam, partie civile, remet en question cette démarche. Elle souligne l’absurdité de faire séjourner un chien dans une cage toute la journée, estimant qu’il est peu probable qu’un magistrat ou le procureur souhaite sa présence à l’audience.

Lors de ce procès, Christophe Ellul n’est pas le seul à faire face à des conséquences juridiques. En effet, le tribunal pourrait envisager l’euthanasie de Curtis comme sanction supplémentaire. Toutefois, Me Salmeron plaide pour que, si l’euthanasie n’est pas ordonnée, le chien puisse bénéficier d’une « retraite paisible » dans un foyer adapté. L’adoption par une nouvelle famille semble, en revanche, exclue, le juge considérant Curtis comme un animal potentiellement dangereux.

Quant à la volonté de Christophe Ellul, il a clairement exprimé qu’il ne souhaitait pas reprendre Curtis. Bien qu’il défende son innocence, vivre avec ce chien serait pour lui un rappel constant de souvenirs douloureux. Son avocat a précisé que cette situation était un poids trop lourd à porter.

Pour rappel, Christophe Ellul est accusé d’homicide involontaire par maladresse, imprudence, inattention et négligence. Il risque jusqu’à 10 ans de prison et une amende de 150 000 euros. Ce procès pourrait ainsi marquer un tournant dans cette affaire, tant pour la victime que pour l’avenir de Curtis.