Le procès de Jean-Claude de Roo, ancien plumassier du Lido, s’ouvre sur des révélations troublantes. Âgé de 77 ans, il est accusé de viols et d’agressions sexuelles sur mineurs. Une des victimes présumées, Baptiste, aujourd’hui âgé de 33 ans, a pris la parole devant la cour criminelle de Paris pour décrire l’emprise dont il a été victime dès l’âge de 14 ans.
EN BREF
- Jean-Claude de Roo, 77 ans, jugé pour viols et agressions sexuelles sur mineurs.
- Baptiste, une des victimes, décrit une relation marquée par l’emprise psychologique.
- Le procès met en lumière des abus sur plusieurs jeunes, dont Louison, 16 ans à l’époque.
Devant le tribunal, Baptiste a relaté comment il a été progressivement isolé de son entourage par M. de Roo, qui a su tisser une toile manipulatrice autour de lui. « Il m’a mise sous cloche », a-t-il confié, évoquant un passé familial difficile, marqué par un père absent et une mère souffrant de dépression. À ses 14 ans, alors qu’il aspire à devenir danseur, il rencontre le plumassier, connu pour ses liens avec des célébrités du monde du spectacle.
Les abus ont commencé dès le début de leur relation, Baptiste se remémorant le premier viol survenu lors d’une séance photo en 2007. « J’ai pleuré, il m’a pris dans ses bras et m’a dit : +Ne t’inquiète pas, je fais pareil avec mon fils+ », a-t-il raconté. Ce moment tragique a marqué le début d’une série d’abus dont il a du mal à parler, se sentant déconnecté de la réalité.
Dans son témoignage, Baptiste a souligné le chantage affectif exercé par M. de Roo, qui a profité de sa vulnérabilité. « Je n’avais personne à qui en parler », a-t-il déclaré, expliquant qu’il n’était pas capable de qualifier les actes subis. Au fil du temps, Baptiste a quitté Nice pour vivre chez M. de Roo à Paris, qui lui avait promis de l’aider dans ses études. Leur cohabitation a cependant été entachée par un environnement toxique et manipulateur.
Jean-Claude de Roo, pour sa part, a toujours nié les accusations, affirmant avoir eu une relation consentie avec Baptiste, qui aurait débuté lorsque ce dernier avait presque 18 ans. Il a également évoqué sa souffrance lors de la rupture de leur relation en 2016, insistant sur le fait que cette séparation avait été très difficile pour lui.
Le procès fait également émerger d’autres voix, comme celle de Louison, un jeune homme de 16 ans à l’époque des faits, qui a témoigné d’attouchements subis chez M. de Roo. « Je n’ai pas compris pourquoi il a dit ça », a-t-il répondu aux accusations, laissant entrevoir une possible manipulation de la part de concurrents. Ce témoignage a été perçu comme un choc dans le cadre du procès.
À l’issue de cette première journée de témoignages émouvants, le tribunal devra examiner les faits et les témoignages de toutes les victimes. Jean-Claude de Roo sera interrogé à nouveau dans les jours suivants au cours de ce procès qui met en lumière des abus graves et des dynamiques de pouvoir dévastatrices. Les victimes, à travers leurs récits, tentent d’éclairer la réalité de leurs souffrances face à une figure d’autorité.
Alors que le procès se poursuit, la question de la responsabilité et de l’emprise psychologique reste au cœur des débats. Les témoignages des victimes révèlent non seulement la complexité des relations abusives, mais aussi l’importance de la parole pour briser le silence et affronter l’impunité.