Procès de la DZ Mafia : 25 ans de réclusion pour Gabriel Ory, acquittement d’Amine Oualane

Le procès des membres présumés de la DZ Mafia a atteint son dénouement le 14 avril 2026, au tribunal d’Aix-en-Provence. Gabriel Ory, figure emblématique de cette organisation criminelle, a été condamné à 25 ans de réclusion pour son rôle dans un double assassinat survenu en 2019, tandis qu’Amine Oualane a été acquitté.

EN BREF

  • Gabriel Ory condamné à 25 ans de réclusion pour un double meurtre lié au narcotrafic.
  • Amine Oualane acquitté mais reste détenu pour d’autres affaires criminelles.
  • Le procès a été marqué par des tensions et des incidents, reflétant la violence du milieu.

Le procès, qui s’est ouvert le 23 mars 2026, a révélé une lutte acharnée entre les acteurs du narcotrafic à Marseille. Gabriel Ory, 30 ans, a été désigné comme le principal commanditaire du double homicide. Son acquittement a été interprété par son avocate, Me Christine d’Arrigo, comme une « victoire politique », tandis qu’elle a annoncé son intention d’interjeter appel.

Oualane, 31 ans, a été acquitté des accusations portées contre lui, bien qu’il reste derrière les barreaux pour d’autres infractions. Son avocate, Me Inès Médioune, a exprimé sa satisfaction et a souligné l’absence de preuves tangibles reliant son client aux meurtres. Ory, quant à lui, a été décrit comme ayant fourni aux tueurs le code d’accès à la chambre d’hôtel où les victimes ont été abattues.

Les juges ont également condamné les exécutants du crime : le tireur Zaineddine Ahamada a reçu 25 ans de réclusion, tandis que son complice, Adrien Faure, a été condamné à 15 ans de prison. Les commanditaires, Karim Harrat et Walid Bara, ont également été condamnés à 25 ans de réclusion, une peine qui, bien que sévère, reste en deçà des réquisitions du ministère public, qui avait demandé la perpétuité pour certains des accusés.

La cour a constaté que l’affaire était complexe à démêler, tant la hiérarchie criminelle était bien établie. Les incidents durant le procès, tels que les invectives et les menaces visant les journalistes, ont mis en lumière la tension palpable au sein de la salle d’audience. Plus de 200 policiers étaient mobilisés pour assurer la sécurité, témoignant de l’importance de l’affaire et des enjeux qui l’entourent.

Le procureur général de la cour d’appel d’Aix, Franck Rastoul, a dénoncé cette dérive de la criminalité organisée, qualifiant le procès de « ring de boxe judiciaire ». Dans un contexte où la lutte contre le narcotrafic est affichée comme une priorité gouvernementale, cette affaire illustre les défis persistants auxquels la justice est confrontée.

Les avocats de la défense ont souligné leur approche, affirmant qu’ils préféraient « rompre avec la bienséance plutôt qu’avec le droit ». Ils ont insisté sur le fait qu’il n’existe pas de justice d’exception, tout en appelant à une réflexion sur les méthodes utilisées pour traiter ces affaires criminelles.

Alors que la DZ Mafia continue d’opérer et d’étendre son influence sur le narcotrafic marseillais, cette affaire pourrait avoir des répercussions durables sur la lutte contre la criminalité organisée dans la région.