La première journée du procès des parents d’Inass Touloub, une fillette de quatre ans retrouvée morte en 1987 sur l’autoroute A10, s’est déroulée ce 2 novembre dans une atmosphère tendue. Les accusés, Halima El Bakhti et Ahmed Touloub, ont nié toute responsabilité dans le décès de leur fille, marquant ainsi le début d’une affaire qui a profondément marqué l’opinion publique.
EN BREF
- Les parents d’Inass Touloub contestent leur responsabilité dans la mort de leur fille.
- La mère a été confrontée à des membres d’un collectif devant le tribunal.
- Le procès, qui pourrait durer jusqu’au 18 novembre, est très médiatisé et chargé d’émotion.
Lors de cette audience, Halima El Bakhti, âgée de 72 ans, a tenté de dissimuler son visage tout en affirmant : « non, c’est ma fille ». Son époux, Ahmed Touloub, 74 ans, accusé de complicité, a quant à lui déclaré : « j’ai rien fait. J’ai jamais touché à aucun de mes enfants ». Leur défense a insisté sur le fait qu’ils s’accusaient mutuellement de violences conjugales, sans toutefois reconnaître les faits ayant conduit à la mort de la fillette.
Les deux accusés, qui ont eu sept enfants au total, n’ont pas échangé un regard durant l’audience. Ils encourent une peine de réclusion criminelle à perpétuité, alors que le procès devrait s’étendre jusqu’au 18 novembre à Blois. La tension est palpable, notamment lorsque des membres du collectif Mouv’Enfants ont confronté la mère pendant la pause déjeuner, ce qui a conduit à l’ouverture d’une enquête.
La défense a également demandé un complément d’expertise sur l’état de santé des accusés. Ahmed Touloub a évoqué des troubles de la mémoire, tandis que sa femme a mentionné des douleurs récurrentes. Bien que la requête ait été acceptée pour le père, celle concernant la mère a été refusée. Son avocat, Me Frank Berton, a souligné la nécessité d’une évaluation pour garantir une défense adéquate.
Les débats ont également été marqués par des demandes de constitution de parties civiles. La demande formulée par la commune de Suèvres, où repose Inass depuis 1987, a été rejetée pour « préjudice direct » non justifié. L’avocate de la fratrie d’Inass a qualifié cette démarche de « nauséabonde », tout en exprimant le souhait de ses clients de donner à Inass un autre lieu de repos en rapport avec ses liens familiaux.
Cette affaire tragique a débuté le 11 août 1987, lorsque le corps mutilé d’Inass a été découvert dans un fossé de l’A10. La fillette, dont la disparition n’avait été signalée par personne, présentait des signes de violences extrêmes, notamment des brûlures et des morsures. En juillet 2018, grâce à un prélèvement ADN, les parents de la victime ont été identifiés et interpellés, marquant le début d’un long processus judiciaire.
À ce jour, la petite Inass, qui aurait eu 43 ans, repose au cimetière de Suèvres, où sa tombe est régulièrement fleurie, témoignage d’une mémoire collective qui refuse d’oublier.