Le procès de Nicolas Zepeda, accusé d’avoir tué son ex-petite amie Narumi Kurosaki, a repris ce vendredi 20 mars à Lyon. Au quatrième jour de cette audience, le témoignage poignant des sœurs de la victime a révélé la souffrance continue de cette famille, marquée par la quête de vérité et de justice.
EN BREF
- Nicolas Zepeda est jugé pour le meurtre de Narumi Kurosaki, disparue en décembre 2016.
- Les sœurs de la victime, Honami et Kurumi, ont témoigné de leur douleur et de leur quête de réponses.
- Le procès soulève des questions sur l’absence de preuves matérielles et d’aveux de l’accusé.
Lors de cette audience, Nicolas Zepeda, âgé de 35 ans et d’origine chilienne, est resté impassible face aux accusations qui pèsent sur lui. Un expert a décrit des techniques de strangulation, en lien avec la disparition de Narumi Kurosaki, survenue dans sa chambre d’étudiante à Besançon il y a plus de six ans. Malgré les éléments à charge, Zepeda continue de nier toute implication dans la mort de la jeune femme.
Les témoignages des sœurs de Narumi ont particulièrement marqué cette journée. Honami Kurosaki, 28 ans, a exprimé son désespoir en demandant à l’accusé de révéler où il avait abandonné le corps de sa sœur. Émotionnellement touchée, elle a décrit comment la mort de Narumi a fracturé sa famille, provoquant des souffrances incommensurables, y compris les tentatives de suicide de leur mère. « Narumi est seule, toute seule quelque part », a-t-elle déclaré, les larmes aux yeux.
Kurumi Kurosaki, 26 ans, a également pris la parole, vêtue d’une robe blanche empruntée à sa sœur pour lui rendre hommage. Elle a partagé une expérience troublante où elle s’est mise dans une valise pour comprendre ce que sa sœur avait pu vivre. « Au fond de moi-même, je n’y crois pas encore », a-t-elle avoué, illustrant ainsi la lutte interne de la famille pour accepter la réalité de la disparition de Narumi.
Ce procès, qui se déroule dans le palais de justice historique de Lyon, est le troisième pour Zepeda. Après avoir été condamné à deux reprises à 28 ans de réclusion, la Cour de cassation a annulé le dernier verdict pour vice de procédure, ouvrant la voie à cette nouvelle audience. L’accusation repose sur des éléments circonstanciels, mais l’absence de corps de la victime et de preuves matérielles complique la tâche des juges.
Les avocats de Zepeda ont cherché à semer le doute sur les accusations, en faisant valoir que la défense n’avait pas accès à des preuves concrètes. Ils ont demandé une nouvelle analyse ADN, qui a été rejetée par le président de la cour, Éric Chalbos. « Les enjeux sont considérables. Dix ans après les faits, on se questionne encore sur ce qui s’est réellement passé », a déclaré Me Robin Binsard, avocat de la défense.
La journée a également été marquée par des projections de photos de Narumi Kurosaki, présentées par la partie civile. Ces images, montrant la jeune femme à différents âges, ont rappelé aux jurés l’humanité de la victime, que Zepeda semble ignorer. Pendant ce temps, l’accusé est resté immobile, observant les photos sans manifester d’émotion.
Le procès se poursuit, et les sœurs de Narumi restent déterminées à faire entendre leur voix et à obtenir des réponses. Face à un accusé qui demeure silencieux, leur quête de vérité se heurte à un mur d’indifférence, mais elles continuent de porter l’héritage de leur sœur disparue.