Procès du commandant du pétrolier Boracay : enjeux et implications internationales

Le 23 février 2025, le tribunal correctionnel de Brest a ouvert le procès de Chen Zhangjie, le commandant chinois du pétrolier Boracay, un navire de la flotte fantôme russe. Ce dernier, arraisonné par la France en septembre 2025, est jugé en son absence, alors qu’il se trouve actuellement en mer.

EN BREF

  • Le commandant Chen Zhangjie est jugé pour avoir refusé l’inspection de son navire par la marine française.
  • Le Boracay, suspecté d’activités illégales, est lié à des incidents de survol de drones en Europe.
  • Chen risque jusqu’à un an de prison et 150.000 euros d’amende, son avocat conteste la compétence du tribunal.

Le Boracay, qui mesure 244 mètres de long, a été intercepté le 27 septembre 2025 alors qu’il naviguait dans les eaux internationales au large de l’île d’Ouessant. La marine française a voulu procéder à une inspection, mais le commandant a refusé d’obtempérer. Cette situation fait partie d’une série d’événements qui soulèvent des questions sur la sécurité maritime et le respect des lois internationales.

Les autorités françaises suspectent le Boracay d’être impliqué dans des survols de drones qui ont récemment perturbé le trafic aérien danois. À bord du navire se trouvaient également deux agents d’une société de sécurité privée russe, le Moran Security Group, dont l’un a des antécédents dans la société Wagner, connue pour ses activités controversées. Selon des sources proches du dossier, ces agents étaient chargés de surveiller l’équipage et de collecter des renseignements.

Me Henri de Richemont, l’avocat de Chen, a déclaré que son client n’avait aucun lien avec la présence de ces agents à bord. Il a souligné que la question de la compétence judiciaire se pose, car les faits se sont déroulés dans des eaux internationales. Selon lui, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer, qui régit de telles situations, stipule que les tribunaux béninois, sous le pavillon d’origine du Boracay, ou chinois, en tant que nationalité du commandant, devraient être compétents pour traiter cette affaire.

Les enjeux de ce procès sont considérables. Le Boracay, qui a repris la mer cinq jours après son arraisonnement, bat désormais pavillon russe et se trouve près du port de Rizhao, en Chine. La flotte fantôme russe, composée de navires opérant sous des pavillons différents, est une stratégie mise en place par Moscou pour contourner les sanctions occidentales sur ses exportations de pétrole.

Ce procès met en lumière non seulement les tensions géopolitiques en cours, mais également la complexité du droit maritime international. Alors que les relations entre la France et la Russie continuent d’être marquées par des différends, cette affaire pourrait avoir des répercussions sur les futures interactions entre les deux pays et sur la manière dont les incidents maritimes sont traités dans le cadre du droit international.

En somme, le procès de Chen Zhangjie soulève des interrogations sur le respect des normes internationales et la gestion des conflits en mer. Alors que le monde maritime devient de plus en plus complexe, les décisions prises dans cette affaire pourraient établir des précédents sur la manière dont les États abordent les violations des lois maritimes.