Procès en appel de Nicolas Sarkozy : les victimes du DC-10 d’UTA s’expriment avec émotion

Le procès en appel de Nicolas Sarkozy, lié aux soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, a donné lieu à des témoignages poignants de proches des victimes de l’attentat du DC-10 d’UTA. Ce drame, survenu en 1989, a coûté la vie à 170 personnes, dont 54 Français. Le 1er avril 2026, ces familles ont pris la parole au palais de justice de Paris, exprimant leur douleur et leur indignation face à la situation actuelle.

EN BREF

  • Les proches des victimes du DC-10 d’UTA témoignent lors du procès en appel de Nicolas Sarkozy.
  • Ils expriment leur colère face à la médiatisation de l’ancien président et aux mensonges des prévenus.
  • Le procès met en lumière les blessures encore vives des familles touchées par cette tragédie.

Françoise Tenenbaum, née Klein, a ouvert le bal des témoignages en tant que partie civile, évoquant la souffrance persistante de sa famille et des autres victimes. Elle a déclaré : « La perpétuité, c’est nous qui la subissons. » Son frère Jean-Pierre a perdu la vie dans cet attentat, et son émotion était palpable alors qu’elle partageait son expérience avec la cour.

Avant ces témoignages, le chercheur Patrick Haimzadeh a été entendu comme témoin. Ancien diplomate en Libye, il a décrit le parcours d’Abdallah Senoussi, considéré comme l’un des instigateurs de l’attaque. Condamné par contumace en 1999, Senoussi est au cœur de l’affaire, avec des allégations selon lesquelles sa libération aurait été un élément clé dans le financement de la campagne de Sarkozy.

Françoise Tenenbaum a également partagé son indignation face aux réactions médiatiques qui ont suivi la condamnation de Nicolas Sarkozy pour « association de malfaiteurs ». « Nous nous sommes sentis très seuls », a-t-elle ajouté, soulignant l’absence de soutien de l’État. Elle a rendu hommage à son frère, décrivant son amour pour le football et son rêve de devenir comédien.

Danièle Klein, sa sœur, a également pris la parole, revêtue d’une veste trop grande pour elle, appartenant à leur frère. « Nicolas Sarkozy, à la sortie de son livre, nous a écrasés », a-t-elle déclaré, faisant référence aux propos de l’ancien président qui ont blessé les familles des victimes. Elle a insisté sur l’importance de faire entendre leur voix, en évoquant le collectif Les filles du DC-10, qui représente les proches des victimes.

Yohanna Brette, membre du même collectif, a exprimé son indignation face aux mensonges des prévenus, en particulier ceux de Brice Hortefeux. « Chaque déni des faits est une gifle », a-t-elle déclaré, en appelant à une meilleure reconnaissance de leur douleur. Elle a également partagé sa volonté de se libérer de la colère qui l’habite.

Le terme « indignité » a résonné tout au long de ces témoignages, rappelant les paroles de Nicolas Sarkozy lors d’une interview en 2016. Les parties civiles ont évoqué leur quête de justice, affirmant qu’elles ne sont pas seulement des victimes, mais aussi des citoyennes désireuses de voir la vérité émerger.

Maryvone Raveneau, la femme du pilote de l’avion, a partagé son désir de vérité après toutes ces années. « J’en aurai 80 cette année. Pendant toutes ces années, j’ai cherché la vérité », a-t-elle exprimé, s’adressant directement à Nicolas Sarkozy. Elle a insisté sur le devoir de mémoire et la nécessité de ne pas sacrifier la justice sur l’autel des ambitions politiques.

En réponse aux témoignages, seul Brice Hortefeux a souhaité réagir, affirmant respecter la douleur des victimes tout en maintenant sa position sur les faits. Nicolas Sarkozy, quant à lui, n’a pas pris la parole lors de cette audience, mais il s’exprimera dans les jours à venir.

Ce procès met en lumière les blessures encore ouvertes des familles touchées par l’attentat du DC-10 d’UTA. Les témoignages poignants des parties civiles rappellent l’importance de la mémoire et de la justice dans un contexte où les mensonges et les dénis peuvent sembler prévaloir.