Procès en appel : la famille de Samuel Paty demande justice pour la liberté d’expression

Le procès en appel de quatre hommes impliqués dans le meurtre de Samuel Paty s’est ouvert le 26 février 2026, devant la cour d’assises spéciales de Paris. Ce professeur d’histoire-géographie a été assassiné le 16 octobre 2020, en raison de son engagement pour la laïcité et la liberté d’expression. Ses avocats ont exprimé leur désir de voir justice rendue pour cet acte tragique, que certains qualifient de « condamnation à mort pour blasphème ».

EN BREF

  • Quatre hommes sont jugés en appel pour leur rôle dans le meurtre de Samuel Paty.
  • Les avocats de la famille dénoncent une cabale en ligne ayant conduit à sa mort.
  • Le verdict est attendu pour lundi prochain.

Au cœur de ce procès se trouvent deux figures controversées : Brahim Chnina, un parent d’élève, et Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste. Ils sont accusés d’avoir orchestré une campagne de diffamation sur les réseaux sociaux, incitant à la violence contre le professeur. Bien qu’ils n’aient pas directement connu l’assassin, leurs messages ont contribué à créer un climat hostile, entraînant le meurtre brutal de Samuel Paty, décapité par Abdoullakh Anzorov, un islamiste radical tchétchène de 18 ans.

Les avocats de la famille Paty, dont Me Virginie Le Roy, ont fait valoir que cette campagne était une « bombe » qui, inévitablement, a explosé. « Il faut qu’ils cessent de nous dire que le blasphème n’était pas leur préoccupation première », a-t-elle souligné, pointant du doigt les contradictions dans la défense des accusés.

Les motivations de Chnina et Sefrioui sont mises en question. Chnina évoque un sentiment d’injustice concernant sa fille, tandis que Sefrioui prétend agir contre la discrimination. Cependant, les avocats de la famille Paty insistent sur le fait que leurs actions étaient motivées par un désir de vengeance et de répression envers ceux qui osent critiquer l’islam.

Me Francis Szpiner, représentant le fils et l’ex-compagne de Samuel Paty, a décrit la situation comme une « fatwa numérique » lancée contre un homme qui a simplement exercé son droit à la liberté d’expression. Il a cité des témoignages sur les croyances extrêmes de Sefrioui, renforçant l’idée que ces accusations ne sont pas simplement des malentendus.

Le procès s’étend sur cinq semaines, période durant laquelle les proches de Samuel Paty ont dû faire face à de nombreuses insultes tout en essayant de défendre sa mémoire. Ils se battent pour que la société reconnaisse l’horreur de ce crime et la nécessité de protéger ceux qui défendent les valeurs républicaines.

L’audience a été émaillée d’incidents de procédure, ajoutant à la douleur des familles présentes. Les avocats de la défense ont soulevé plusieurs questions juridiques, mais les représentants de la famille Paty ont maintenu leur ligne de défense : il est essentiel de ne pas considérer Samuel Paty comme une victime d’un malentendu, mais comme une personne assassinée pour ses convictions.

Le parquet général rendra ses réquisitions vendredi, avant que la défense ne présente ses plaidoiries. Le verdict est prévu pour lundi, alors que la famille de Samuel Paty attend avec impatience une décision qui pourrait apporter un semblant de justice.

La recherche de vérité et de justice pour Samuel Paty est plus qu’une simple affaire judiciaire ; elle représente un enjeu fondamental pour la société française. Dans un contexte où la liberté d’expression est souvent mise à l’épreuve, cet événement souligne l’importance de défendre les valeurs républicaines face à l’obscurantisme.