Le troisième procès de Nicolas Zepeda, accusé du meurtre de son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki, s’est ouvert à Lyon, révélant des éléments troublants sur l’accusé et des demandes d’expertises ADN rejetées. Ce dossier, qui a déjà conduit Zepeda à une condamnation de 28 ans de prison, fait l’objet d’une nouvelle audience après que la cour de Cassation a annulé le verdict précédent pour vice de forme.
EN BREF
- Nicolas Zepeda est rejugé pour l’assassinat de Narumi Kurosaki, disparue en 2016.
- Deux ADN non identifiés n’ont pas permis d’identifier de nouveaux suspects.
- Un portrait psychologique glaçant de l’accusé a été dressé, soulignant sa possessivité.
Ce procès, qui se déroule près de dix ans après la disparition de Narumi Kurosaki à Besançon, met en lumière non seulement les éléments matériels encore flous, mais également la personnalité complexe de Zepeda. Malgré ses condamnations précédentes, l’accusé continue de nier les faits, en dépit de mensonges reconnus lors des audiences.
Les avocats de Zepeda ont demandé des analyses complémentaires d’ADN dès l’ouverture du procès, arguant que certaines preuves n’avaient pas été explorées en profondeur. En particulier, deux traces d’ADN, X3 et X5, n’ont pas été comparées au Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG). Le président de la cour, Éric Chalbos, a annoncé que cette démarche n’avait pas permis d’identifier les profils concernés.
Les traces d’ADN récoltées dans la chambre de Narumi comprennent celles de l’accusé, de Narumi elle-même, ainsi que de son nouveau petit ami. Les avocats de Zepeda ont formulé une demande pour prélever des ADN de 63 hommes qui étaient locataires de la résidence universitaire en 2016, dans l’espoir de trouver des correspondances. Cependant, le président Chalbos a rejeté cette demande, soulignant le manque d’éléments permettant de lier ces ADN à la disparition de Narumi.
Un portrait inquiétant de Nicolas Zepeda
Au-delà des éléments matériels, le procès a permis d’entendre des témoignages d’experts sur la personnalité de Zepeda. Une psychologue ayant analysé l’accusé en 2020 a décrit un homme « très narcissique », en quête de contrôle total sur Narumi. Cette dynamique a produit des comportements jaloux et colériques, notamment des menaces proférées par Zepeda envers Narumi, où il évoquait des « conséquences » pour ses actions.
Le terme « féminicide » a été utilisé par l’accusation, soulignant la nature présumée préméditée de l’acte, motivée par le refus de Narumi de reprendre une relation avec Zepeda. Les éléments de possessivité et de violence psychologique ont été mis en avant, notamment à travers des messages menaçants envoyés par l’accusé.
Ce procès, sans corps ni aveu, repose sur un faisceau d’indices qui, à ce jour, ne suffisent pas à établir de façon concluante la culpabilité de Zepeda. Le débat entre la défense et l’accusation se poursuit, avec des enjeux de justice et de vérité qui pèsent lourdement sur l’issue de cette affaire.
Le procès est prévu jusqu’à la fin de la semaine prochaine, et les attentes sont élevées quant à la décision finale qui sera rendue dans ce dossier complexe et émotionnellement chargé.