Cette année, les négociations commerciales entre les industriels et la grande distribution ont été particulièrement tendues, se déroulant jusqu’à la dernière minute. Celles-ci se sont conclues le 1er mars, avec des résultats variés. Si de nombreux conflits entre grandes marques alimentaires et enseignes de supermarchés ont trouvé une issue, certains demeurent encore en suspens.
EN BREF
- Absence des chocolats Lindt et des produits Président dans certains Intermarché.
- Les négociations commerciales se sont achevées avec des accords non signés pour certains produits.
- Possibilité de retour en rayon grâce à une médiation entre distributeurs et fournisseurs.
Selon Thierry Cotillard, le dirigeant du Groupement Les Mousquetaires/Intermarché, des contrats n’ont pas été signés avec deux grands industriels du chocolat. Bien que le nom d’un des absents soit peu difficile à deviner, Michel-Édouard Leclerc a déjà exprimé ses critiques envers la marque suisse Lindt dès le début des pourparlers. RMC Conso a pu confirmer que Lindt est bien l’un des deux fabricants dont les produits ne seront pas disponibles en rayons pendant une période indéterminée.
Les prévisions évoquent une absence potentiellement prolongée, pouvant aller jusqu’en mars 2027, à la fin de la prochaine période de négociations. Thierry Cotillard a laissé entendre qu’il serait possible de se passer de certaines références jusqu’à mars de l’année suivante, un scénario pessimiste mais plausible. Toutefois, en dehors du cadre strict des négociations, il reste envisageable qu’un accord soit trouvé entre distributeurs et fournisseurs.
Nicolas Genty, avocat spécialisé en droit des contrats et de la consommation, a souligné qu’il existe plusieurs voies de recours dans ce type de situation. Une médiation pourrait être mise en place, permettant ainsi un retour des produits en rayon. Il semble y avoir des discussions en cours entre Lindt et Intermarché, car cette situation ne sert les intérêts d’aucune des deux parties. Lindt perd un canal de vente significatif, tandis qu’Intermarché risque de voir ses clients se détourner de ses rayons.
En dehors des chocolats Lindt, d’autres marques pourraient également être concernées par des manques en rayons. RMC Conso avait rapporté que le Groupement Les Mousquetaires avait des difficultés de négociation avec plusieurs marques, dont Heinz, Senseo, ainsi que plusieurs produits du groupe Lactalis, tels que Galbani et Président. Il a été signalé qu’à la fin janvier, la bûche de chèvre Président n’était présente que dans 33 % des magasins, alors qu’elle l’était dans 98 % au début du mois.
Interrogé sur la situation actuelle, le distributeur a rassuré en indiquant qu’il n’y avait plus de problèmes avec ces industriels, affirmant que des contrats avaient été effectivement conclus à temps. Cependant, une incertitude demeure concernant un industriel des produits d’hygiène, dont la négociation n’a pas abouti. Le groupe a choisi de ne pas préciser le nom de cet industriel, souhaitant éviter de créer une atmosphère alarmiste.
En revanche, il a été mis en avant que ces négociations ont permis d’obtenir une certaine stabilité des prix, voire des baisses sur certains produits. Les pâtes, céréales, conserves de légumes, sucre, farine, shampoings et lessives sont des exemples de produits pour lesquels des ajustements tarifaires ont été réalisés.
La situation des rayons d’Intermarché soulève des questions quant à l’avenir des relations entre distributeurs et fournisseurs dans un contexte économique tendu. Les consommateurs, en quête de leurs marques préférées, devront s’adapter à ces fluctuations, tout en espérant un retour rapide des produits absents.