À partir du 1er juillet 2026, les nouveaux parents bénéficieront d’un congé de naissance supplémentaire de deux mois par parent. Cette mesure vise à promouvoir l’égalité entre les deux parents lors des naissances. Toutefois, une proposition du Haut-Commissariat au Plan, dévoilée en exclusivité par RMC, pourrait aller encore plus loin.
EN BREF
- Deux mois de congé naissance pour chaque parent à partir de juillet 2026.
- Un mois supplémentaire pourrait être accordé si les pères s’engagent à prendre leur congé.
- Les avis des parents et professionnels sur cette incitation sont partagés.
Clément Beaune, Haut-commissaire au Plan, propose un troisième mois de congé, mais sous condition : les pères doivent impérativement prendre un mois de congé pour que chaque parent puisse bénéficier de ce supplément. Cette initiative vise à encourager les pères à s’impliquer davantage dans les premiers mois de la vie de leur enfant.
Sur RMC, Clément Beaune a souligné l’efficacité des dispositifs non transférables, comme ceux en vigueur en Suède. En effet, cette approche permet de mieux répartir les responsabilités parentales et de réduire les contraintes pesant sur les femmes lorsqu’il s’agit de retourner au travail. Actuellement, environ 40 % des pères ne prennent pas la totalité du congé auquel ils ont droit, souvent pour des raisons financières ou professionnelles.
Parmi ces pères, Axel, expert-comptable, confie qu’il n’a pas pu prendre son congé après la naissance de sa fille, Amandine, car il ne voulait pas surcharger ses collègues dans son entreprise de petite taille. Il admet que ce choix, bien qu’involontaire, a été perçu comme naturel et s’est imposé à sa compagne.
Amandine, de son côté, nuance cette situation. Bien qu’elle souhaite un troisième mois de congé supplémentaire, elle estime que mettre la pression sur son mari pour qu’il prenne son congé ne serait pas une solution efficace et pourrait même engendrer des tensions au sein du couple.
À l’inverse, d’autres parents, comme Alexandre et Clémence, accueillent favorablement cette proposition. Ils prévoient de profiter des deux mois de congé de naissance supplémentaires à partir de juillet, avec une rémunération avoisinant 60 à 70 % de leur salaire habituel. Alexandre pense qu’un mois de congé obligatoire pour les pères serait bénéfique. Selon lui, cela permettrait de répondre à un besoin essentiel pour le bien-être de la mère et de l’enfant.
Cette question de l’engagement des pères divise également les professionnels de la périnatalité. Camille Kolebka, assistante périnatale, exprime son soutien à cette initiative, tout en appelant à la prudence. Elle insiste sur la nécessité d’accompagner les futurs pères pour qu’ils comprennent l’importance de prendre ce temps, tant pour leur lien avec leur enfant que pour le soutien à la mère. Elle prévient également qu’il ne faudrait pas que ces congés soient perçus comme une solution à la pénurie de places en crèches.
En conclusion, la proposition d’un mois supplémentaire de congé naissance pour les pères, conditionnée à leur engagement, soulève des interrogations. Les opinions divergent parmi les parents et les professionnels, mais l’objectif reste de favoriser une meilleure répartition des responsabilités parentales et d’améliorer le soutien apporté aux mères durant cette période délicate.