Proposition de François Sauvadet : exonérer les excès de vitesse de moins de 10 km/h

Avec l’arrivée des vacances, les routes françaises connaissent une affluence accrue, et les automobilistes se retrouvent confrontés à des limitations de vitesse très variables. Ce constat a conduit François Sauvadet, président de l’association Départements de France et élu UDI de la Côte-d’Or, à proposer une réforme visant à exonérer les excès de vitesse inférieurs à 10 km/h de toute sanction.

EN BREF

  • François Sauvadet propose d’abolir les amendes pour les excès de vitesse de moins de 10 km/h.
  • 80% des contraventions pour excès de vitesse concernent des dépassements inférieurs à 10 km/h.
  • La complexité des limitations de vitesse crée des frustrations chez les automobilistes.

La question des limitations de vitesse est particulièrement sensible sur les routes départementales et nationales, où les changements fréquents de vitesse peuvent semer la confusion parmi les usagers. Une étude récente de Coyote a mis en lumière cette complexité, en recensant jusqu’à 120 changements de limitations entre Lyon et Avignon sur une distance de 160 km. De telles variations rendent difficile le respect des règles, d’autant plus que les automobilistes doivent souvent faire face à des panneaux de signalisation qui changent tous les quelques centaines de mètres.

Actuellement, la législation en vigueur permet une tolérance pour les excès de vitesse inférieurs à 5 km/h, mais ceux-ci entraînent tout de même une amende de 135 euros. François Sauvadet estime qu’il serait juste d’étendre cette tolérance jusqu’à 10 km/h. Il plaide pour une approche plus humaine, en tenant compte des automobilistes de bonne foi dont les comportements ne représentent pas un risque accru sur la route. « Il faut absolument, compte tenu de cette complexité que ressentent nos compatriotes, qu’on adapte notre législation », a-t-il affirmé sur RMC.

Ce débat sur la réglementation de la vitesse trouve son origine dans les mesures prises en 2018 par le gouvernement d’Édouard Philippe, qui avait abaissé la vitesse maximale autorisée sur les routes départementales à 80 km/h. Cette décision avait suscité un vif mécontentement, en partie responsable du mouvement des Gilets jaunes. Depuis, plusieurs départements ont opté pour un retour à 90 km/h sur certaines portions de route, créant encore plus de confusion pour les automobilistes.

Les avis sur cette question sont partagés. Certains conducteurs expriment leur exaspération face à la multitude de limitations de vitesse. « Tous les 200 mètres les panneaux changent, un coup c’est 50, dans l’autre sens 70, c’est un peu pénible », raconte un automobiliste. D’autres soulignent que cette situation les oblige à détourner leur attention de la route pour surveiller leur compteur, ce qui pourrait en soi être plus dangereux.

En revanche, l’association Prévention routière reste opposée à l’idée de supprimer les amendes, quelles qu’elles soient. Selon Sophy Sainten, sa déléguée générale, un cadre juridique clair et uniforme est nécessaire pour assurer la sécurité routière. « On était favorables aux 80 km/h sur certains tronçons où il y a un risque de choc frontal », souligne-t-elle, plaidant pour une lisibilité accrue des règles de circulation.

En somme, la proposition de François Sauvadet soulève des interrogations essentielles sur l’évolution de la législation routière en France. Si l’idée d’une exonération pour les légers excès de vitesse pourrait alléger la pression sur les automobilistes, elle pourrait également susciter un débat plus large sur la sécurité routière et l’efficacité des mesures en place.