Le débat autour de la possibilité de travailler le 1er mai n’est pas totalement clos. En effet, Bruno Retailleau, président des Républicains, propose une solution pour faire avancer une proposition de loi soutenue par l’ancien Premier ministre. Ce mardi 14 avril 2026, il évoque une approche constitutionnelle pour débloquer la situation.
EN BREF
- Bruno Retailleau propose une solution pour faire avancer la loi sur le travail le 1er mai.
- Cette proposition pourrait passer par une commission mixte paritaire.
- Les tensions politiques autour de cette question demeurent élevées.
Face à la tension palpable entre le gouvernement et la gauche, Retailleau suggère d’utiliser l’article 45 de la Constitution, qui permettrait de convoquer une commission mixte paritaire. Cette commission a pour rôle de proposer un texte concernant les dispositions encore en discussion. À noter que cette option est seulement envisageable pour les propositions de loi des députés, ce qui est le cas ici. En revanche, pour un projet de loi gouvernemental, la situation serait différente.
Les répercussions de cette initiative se font déjà sentir. La colère monte parmi les boulangers et d’autres commerçants, qui s’interrogent sur la disparité de traitement entre leurs activités et celles de certaines chaînes, comme McDonald’s, qui peuvent ouvrir le 1er mai.
Les événements récents ont également mis en lumière les manœuvres parlementaires utilisées par le groupe Ensemble pour la République (EPR). En effet, ceux-ci ont déposé une motion de rejet de leur propre texte, cherchant à éviter une obstruction et à accélérer le parcours législatif. Cette tactique a suscité la colère de nombreux acteurs politiques, Sophie Binet de la CGT allant jusqu’à parler de « coup de poignard dans le dos » pour les travailleurs.
Durant les Questions au gouvernement, Nicole Dubré-Chirat, députée du groupe EPR, a souligné que ce texte était attendu par de nombreux commerçants à travers le pays. Elle a regretté le refus du Premier ministre Sébastien Lecornu de convoquer la commission mixte paritaire, une décision prise « sous la pression syndicale ». Jean-Pierre Farandou, le ministre du Travail, a quant à lui insisté sur la nécessité de résoudre l’insécurité juridique entourant la loi actuelle.
Le ministre a également précisé que des discussions avaient lieu avec les partenaires sociaux pour clarifier les accords de branche qui pourraient encadrer le travail le 1er mai. Il a pris l’engagement de traiter ce dossier d’ici 2026, afin que les modalités soient établies pour le 1er mai 2027.
La situation demeure donc à suivre de près, alors que la tension entre le gouvernement et les syndicats s’intensifie. Les prochaines semaines s’annoncent cruciales pour déterminer si la proposition de loi parviendra à surmonter les obstacles politiques qui se dressent sur son chemin.