Proposition de loi sur les tickets-restaurant : vers un double-plafond en débat

Ce lundi, les députés se réunissent pour examiner une proposition de loi visant à moderniser le système des tickets-restaurant. À partir de 15h, plusieurs mesures seront discutées, notamment la pérennisation de leur utilisation pour tous les produits alimentaires, ainsi qu’un amendement instaurant un double-plafond pour les dépenses en restaurant et en supermarché.

EN BREF

  • Les députés débattent d’une réforme des tickets-restaurant ce lundi.
  • Un double-plafond de 25 euros pour les restaurants et 10 euros pour les magasins est proposé.
  • La loi actuelle serait prolongée jusqu’au 1er janvier 2028.

La proposition de loi examinée aujourd’hui fait suite aux nombreuses évolutions du système des tickets-restaurant, notamment depuis la période de la pandémie de covid-19. Les députés notent qu’avec l’essor du télétravail, de plus en plus de salariés choisissent de préparer leurs repas chez eux. En réponse à cette tendance, l’utilisation des tickets-restaurant a été élargie à l’achat de produits alimentaires non directement consommables, tels que les pâtes ou l’huile, afin d’atténuer l’impact de l’inflation. Cette mesure, qui a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2026, pourrait maintenant devenir permanente.

Le texte de loi vise également à redéfinir le cadre légal des tickets-restaurant dans le Code du travail, en précisant que ceux-ci doivent être exclusivement dématérialisés, que ce soit sous forme de carte ou totalement numérique. L’émission de titres en format papier serait ainsi abolie.

Une autre mesure importante de cette proposition de loi permettrait aux salariés de faire don de tout ou partie de leurs tickets-restaurant à des associations habilitées, œuvrant dans le domaine de l’aide alimentaire. Si cette loi est adoptée, toutes ces dispositions entreraient en vigueur au 1er janvier 2028, prolongeant ainsi la législation actuelle jusqu’à cette date.

Parmi les 73 amendements déposés, l’un des plus discutés concerne l’instauration d’un double-plafond. Ce dernier proposerait un plafond de 25 euros pour un repas au restaurant et de 10 euros pour des achats en magasin. L’objectif principal de cette mesure est de garantir que le titre-restaurant conserve sa vocation première tout en soutenant les restaurateurs.

Le ministre des PME, du Commerce et du Pouvoir d’achat, Serge Papin, a exprimé son soutien à l’idée d’un double-plafond, à condition que cela ne réduise pas la flexibilité des salariés dans l’utilisation de leurs titres. Lors d’une interview sur France 2, il a souligné : « Je souhaite qu’on ne diminue pas la possibilité au salarié de dépenser comme il le souhaite pour les repas. » Néanmoins, il a précisé que le double-plafond ne serait envisagé que si tout le monde peut y trouver son compte.

Le débat au sein de l’hémicycle se poursuivra tout au long de la journée, et les députés devront trancher sur ces propositions qui pourraient influencer le quotidien de nombreux salariés et restaurateurs en France.

Alors que cette réforme est attendue par de nombreux acteurs du secteur, la question du double-plafond reste essentielle pour l’avenir des tickets-restaurant. Les décisions prises aujourd’hui pourraient avoir un impact significatif sur la manière dont les salariés utilisent ces titres dans leur vie quotidienne.