Mercredi soir, un jeune homme d’une vingtaine d’années et trois adolescents ont été placés en détention à Paris, soupçonnés d’être impliqués dans un projet d’attentat déjoué visant le siège parisien de Bank of America. Cette affaire est potentiellement liée à un groupuscule pro-iranien, le « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya » (Hayi), selon le Parquet national antiterroriste (Pnat).
EN BREF
- Quatre individus, dont un majeur et trois mineurs, ont été écroués après une tentative d’attentat.
- Le projet aurait des liens avec le groupuscule pro-iranien Hayi.
- Les autorités ont détecté une vidéo de propagande ciblant Bank of America avant l’intervention policière.
Selon les informations fournies par le Pnat, le jeune homme est accusé d’avoir recruté les adolescents pour déposer un engin explosif devant la banque dans la nuit du 26 au 27 mars. Il aurait également proposé une rémunération de 500 à 1 000 euros pour filmer l’opération.
Les adolescents, âgés de 16 et 17 ans, ont tenté de déposer un engin explosif, mais leur première tentative a été interrompue par la présence d’un véhicule de police. Ils auraient tenté à nouveau dans la nuit suivante, avant d’être appréhendés. Le Pnat a indiqué que l’engin, s’il avait été déclenché, aurait pu générer une explosion de grande ampleur.
Lors de leur comparution, les mères des adolescents étaient présentes et en larmes, témoignant de la gravité de la situation. Les avocats de l’un des adolescents, qui a été interpellé alors qu’il s’apprêtait à allumer l’engin, ont critiqué la communication du Pnat, affirmant qu’elle avait été diffusée avant que la juge d’instruction et les avocats n’en aient pris connaissance.
Les avocats soutiennent également que leur client, qui n’a aucun antécédent judiciaire et de bons résultats scolaires, ne présente aucune intention terroriste. Ils ont demandé une réévaluation de son incarcération, évoquant une maladie rare qui rendrait sa détention inappropriée.
Un autre adolescent, impliqué dans la première tentative, a également été écroué. Une source proche de l’enquête a précisé que les jeunes se connaissaient et que le majeur avait déjà donné des missions rémunérées aux mineurs, exerçant ainsi une pression sur eux.
Le majeur a nié avoir eu l’intention de commettre un acte terroriste, affirmant avoir été contacté pour venger un tiers, et que l’engin explosif lui avait été remis par une personne inconnue.
Les suspects sont poursuivis pour association de malfaiteurs terroriste criminelle et fabrication, détention et transport d’un engin explosif, en lien avec des tentatives de destruction en rapport avec une entreprise terroriste.
La situation a été suivie de près par les autorités, notamment après qu’une vidéo de propagande ait été diffusée sur les réseaux sociaux, émanant du groupe pro-iranien Hayi, qui visait spécifiquement le siège français de Bank of America. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a évoqué un lien possible entre cette tentative et l’Iran, qui pourrait avoir recours à des intermédiaires en Europe pour mener de telles actions.
Cette affaire rappelle les préoccupations grandissantes des autorités françaises concernant la résurgence d’un « terrorisme d’État iranien » en Europe, un phénomène observé depuis plusieurs années et documenté par des agences de sécurité.