Quelques minutes d’effort intense par jour pour réduire le risque de maladies graves

Une nouvelle étude met en lumière les bienfaits d’une activité physique intense, soulignant que quelques minutes d’effort par jour peuvent significativement diminuer le risque de développer certaines maladies graves. Cette recherche, publiée dans la revue European Heart Journal, offre une perspective intéressante sur la relation entre la durée et l’intensité de l’exercice.

EN BREF

  • Une étude révèle que l’activité physique intense réduit le risque de huit maladies graves.
  • 15 à 20 minutes d’effort par semaine suffisent pour observer des effets bénéfiques.
  • Les résultats varient selon l’âge et l’état de santé des individus.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), environ un tiers des adultes dans le monde, soit 1,8 milliard de personnes, ne respectent pas les recommandations minimales en matière d’activité physique. Cela a des conséquences graves, car les personnes insuffisamment actives présentent un risque de décès supérieur de 20 à 30 % par rapport à celles qui sont actives.

Les chercheurs ont voulu déterminer si l’intensité de l’exercice était plus déterminante que sa durée pour améliorer la santé. Le professeur Minxue Shen, co-auteur de l’étude, souligne : “Nous savons que l’activité physique réduit le risque de maladies chroniques et de décès prématuré, et de plus en plus de preuves indiquent qu’une activité physique intense procure de plus grands bienfaits pour la santé par minute qu’une activité modérée.”

Pour mener à bien cette étude, près de 96 000 participants ont porté un capteur d’activité pendant une semaine. Cet appareil a enregistré tous leurs mouvements, y compris les efforts intenses tels que courir après un bus ou porter des courses. Les chercheurs ont ensuite suivi ces individus pendant sept ans pour observer lesquels développaient l’une des huit maladies ciblées ou mouraient prématurément.

Les maladies ciblées et les bénéfices observés

Les huit maladies étudiées incluent :

  • Démence
  • Diabète de type 2
  • Maladies cardiovasculaires
  • Obésité
  • Hypertension
  • Certains types de cancer
  • Maladies respiratoires
  • Problèmes de santé mentale

Les résultats ont montré des différences significatives. Comparées aux personnes ne pratiquant aucune activité intense, celles qui en faisaient le plus affichaient un risque inférieur de 63 % de développer une démence, de 60 % pour le diabète de type 2, et de 46 % de mourir prématurément. Fait notable, ces bénéfices persistaient même avec une durée d’effort modeste : 15 à 20 minutes par semaine suffisaient à observer des effets mesurables.

Les mécanismes physiologiques en jeu

Pour le professeur Shen, l’explication réside dans les réponses physiologiques spécifiques déclenchées par l’activité intense : “L’activité physique intense semble déclencher des réponses spécifiques dans l’organisme que l’activité de plus faible intensité ne peut reproduire pleinement. Lors d’un effort qui vous essouffle, votre cœur pompe plus efficacement, vos vaisseaux sanguins deviennent plus souples et votre organisme améliore sa capacité à utiliser l’oxygène.”

Il ajoute que ces effets pourraient expliquer les fortes corrélations observées avec des affections inflammatoires comme le psoriasis et l’arthrite. Concernant la démence, l’effort intense pourrait stimuler la production de substances chimiques dans le cerveau, contribuant ainsi à la santé des cellules cérébrales.

Cependant, le chercheur met en garde : “Une activité physique intense peut ne pas convenir à tout le monde, notamment aux personnes âgées ou à celles souffrant de certaines affections médicales. Pour elles, toute augmentation de l’activité physique reste bénéfique et doit être adaptée à chaque individu.”

En somme, cette étude souligne l’importance de l’activité physique, même en petites quantités, et incite à repenser notre approche de l’exercice pour maximiser ses bienfaits sur la santé.