Quentin Deranque : six personnes mises en examen pour homicide volontaire, un député impliqué

La tragédie qui a frappé le militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon suscite une onde de choc à travers la France. Un groupe de six hommes a été mis en examen pour homicide volontaire suite à l’agression mortelle de Deranque, survenue le 12 février 2026, lors d’une manifestation. Parmi les suspects, un collaborateur du député de La France insoumise (LFI) Raphaël Arnault fait également l’objet d’une mise en examen pour complicité.

EN BREF

  • Six individus mis en examen pour homicide volontaire après la mort de Quentin Deranque.
  • Un collaborateur du député LFI Raphaël Arnault également inculpé pour complicité.
  • La famille de la victime appelle au calme avant une marche en hommage prévue à Lyon.

Quentin Deranque, âgé de 25 ans, a été attaqué par un groupe d’individus encagoulés alors qu’il assurait la sécurité de militantes du collectif identitaire Némésis, opposées à la venue de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Les événements tragiques ont eu lieu lors d’une conférence le 12 février, où Deranque a subi un grave traumatisme crânien, entraînant son décès quelques jours plus tard.

Les six suspects, dont les âges varient de 20 à 26 ans, sont tous liés à la Jeune Garde, un mouvement d’ultragauche fondé à Lyon en 2018 par Raphaël Arnault, avant d’être dissout en juin dernier. Ils ont été interpellés dans la nuit de mardi à mercredi et ont été placés en garde à vue, où certains d’entre eux ont reconnu leur présence sur les lieux de l’agression.

Le procureur de Lyon, Thierry Dran, a précisé que deux des suspects ont choisi de ne pas s’exprimer lors de leur interrogatoire, tandis que les autres ont admis avoir participé à des violences, mais tous contestent l’intention de tuer. Ce flou autour des intentions des accusés soulève des questions sur la nature de l’affrontement, que l’avocat d’un des suspects, Me Bertrand Sayn, décrit comme un affrontement plutôt qu’un guet-apens.

La mise en examen de Jacques-Elie Favrot, le collaborateur de Raphaël Arnault, a également suscité l’attention. Son avocat a déclaré que son client n’a pas porté de coups directs ayant causé la mort de Deranque. Favrot, placé en détention provisoire, a été identifié après l’audition de témoins et l’analyse de vidéos de l’incident.

La situation est d’autant plus tendue que la famille de la victime a appelé à « la retenue » et à « éviter toute forme de violence politique ». Ils s’opposent à une marche prévue en hommage à leur fils, qui pourrait être exploitée par des groupes d’extrême droite. Le maire de Lyon, Grégory Doucet, a sollicité l’interdiction de cette marche pour des raisons de sécurité, alors que des tensions politiques s’intensifient autour de LFI.

En visite en Inde, le président Emmanuel Macron a également fait part de son inquiétude face à cette escalade de violences, appelant à éviter tout engrenage de la violence et exhortant les mouvements politiques à « faire le ménage dans leurs rangs ». Cette déclaration intervient alors que des accusations de responsabilité sont portées à l’encontre de LFI, en raison de ses liens présumés avec les groupes d’ultragauche.

Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a défendu le député Arnault, affirmant qu’il n’est pas juste de le tenir responsable des actions de ses collaborateurs. Dans un climat déjà tendu, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a appelé Arnault à « tirer les conclusions » si des preuves incriminantes émergent.

Les événements autour de cette affaire continuent d’évoluer, alors que la société civile et les instances politiques sont appelées à réagir face à cette tragédie qui soulève de nombreuses questions sur la violence politique en France.