Rachida Dati accuse un journaliste d’avoir tenté d’obtenir des informations sur sa famille

Lors de son audition par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public le 5 février, Rachida Dati a relancé une polémique déjà bien installée. La ministre de la Culture a affirmé qu’un membre de sa famille avait été approché par un journaliste, par l’intermédiaire d’un intermédiaire, avec une proposition financière en échange d’informations compromettantes à son sujet.

EN BREF

  • Rachida Dati accuse des méthodes déontologiquement douteuses de la part de journalistes.
  • Elle refuse de transmettre des échanges privés liés à ces accusations.
  • Un rapport pourrait être transmis à la présidente de l’Assemblée nationale.

Les accusations formulées par Rachida Dati sont d’une grande gravité. Sous serment, elle a maintenu ses propos à l’encontre de l’émission Complément d’enquête, diffusée sur France 2. Elle a déclaré : « Il y a un journaliste qui est passé par un journaliste tiers, qui s’est présenté auprès d’un membre de ma famille comme un journaliste indépendant et en disant “si vous avez des choses très à charge concernant madame Dati, on est prêt même à vous indemniser s’il le faut”. Je le maintiens », a-t-elle précisé, comme en témoigne une vidéo partagée sur le compte X de LCP.

Rachida Dati a également exprimé ses inquiétudes concernant l’impact de ces accusations sur sa vie personnelle, déclarant : « Maintenant, j’ai un enfant et c’est plus compliqué, je vous le dis ». Elle a souligné qu’il existe une limite à ne pas franchir, en particulier lorsque l’on cherche à obtenir des informations d’une personne vulnérable.

Ces allégations ne sont pas apparues de nulle part. En juin 2025, lors de la diffusion d’un numéro intitulé Rachida Dati, la conquête à tout prix, Dati avait déjà dénoncé ce qu’elle considérait comme des pratiques de « voyous ». Cette enquête portait sur des soupçons d’honoraires non déclarés perçus auprès de GDF Suez, période durant laquelle elle était eurodéputée. Cette affaire a depuis conduit à l’ouverture d’une enquête pour corruption.

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Huit mois plus tard, Rachida Dati persiste dans ses accusations. Toutefois, un point de friction se dessine avec les parlementaires : son refus de transmettre les échanges qu’elle prétend détenir. La députée socialiste Ayda Hadizadeh a insisté pour que ces échanges soient versés à la commission, soulignant l’importance de leur examen dans le cadre de l’enquête. Dati a rétorqué : « Je ne le ferai pas. Ce sont des échanges privés qui concernent un tiers, je n’ai pas d’obligation de les remettre. Il ne le souhaite pas, donc je ne le fais pas. Je ne veux pas ennuyer quelqu’un qui est déjà en difficulté », tout en laissant la porte ouverte à une éventuelle remise des documents en cas de procédure judiciaire.

Face à ces accusations jugées très sérieuses, le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, a annoncé qu’il saisirait la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, pour déterminer si ces pièces peuvent être exigées. Ce développement est crucial, d’autant plus que les équipes de Complément d’enquête, y compris son présentateur Tristan Waleckx, doivent être auditionnées la semaine prochaine.

La tension autour de cette affaire ne cesse d’augmenter, alors que les deux parties se préparent à une confrontation qui pourrait avoir des répercussions importantes tant pour Rachida Dati que pour le journalisme d’investigation en France. La suite des événements s’annonce décisive.