Rachida Dati démissionne de son poste de ministre pour se concentrer sur Paris

Rachida Dati, candidate à la mairie de Paris, a annoncé mercredi soir sa démission de son poste de ministre de la Culture. Cette décision intervient à moins de trois semaines du premier tour des élections municipales, alors que la campagne se renforce dans la capitale. La ministre a décidé de se consacrer pleinement à sa candidature, mettant fin à une période d’incertitude quant à son avenir politique.

EN BREF

  • Rachida Dati démissionne pour se concentrer sur sa campagne municipale à Paris.
  • Le président Macron l’a remerciée pour son action en tant que ministre.
  • Rachida Dati est créditée de 30% des voix au premier tour des municipales selon un sondage.

Dans un communiqué, Rachida Dati a exprimé son engagement envers Paris, déclarant : « Paris est pour moi l’engagement d’une vie. J’ai l’énergie, la détermination et la volonté nécessaires pour transformer la ville et relever les défis qui l’attendent. » Ce départ du gouvernement survient alors que la ministre a récemment été critiquée pour sa double casquette, suscitant des remarques acerbes de la part de ses adversaires politiques.

Sur BFMTV, elle a confirmé avoir remis sa démission au président Emmanuel Macron. Ce dernier a salué son travail au sein du gouvernement et lui a souhaité bonne chance dans sa campagne municipale. Rachida Dati, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, a réussi à traverser plusieurs remaniements gouvernementaux, mais fait face à des accusations de corruption qui la conduiront devant les tribunaux cet automne.

Les réactions à sa démission n’ont pas tardé. Emmanuel Grégoire, candidat socialiste, a exprimé son soulagement en déclarant : « Enfin ! » David Belliard, un écologiste, a critiqué son bilan en soulignant qu’elle avait été « une ministre sans bilan et sans action pour la culture », estimant que son intérêt pour le ministère était surtout lié à sa campagne.

Malgré les critiques, Rachida Dati est soutenue par Les Républicains (LR) et le MoDem. Elle est actuellement créditée de 30% des voix au premier tour des élections municipales, se rapprochant de son principal concurrent, Emmanuel Grégoire, qui obtient 32%. Cependant, la bataille pour la mairie de Paris s’annonce serrée, et son camp appelle déjà à un « vote utile » pour contrer la gauche.

Dans le cadre de sa campagne, Rachida Dati a élaboré plusieurs propositions, telles que le doublement des effectifs de la police municipale à 5 000 agents, ainsi que la dotation d’armes à feu à ces derniers. Elle prône également le gel de la production de logements sociaux afin d’investir dans la rénovation des HLM existants et souhaite revenir à la semaine de quatre jours à l’école.

Sur les réseaux sociaux, elle a intensifié ses efforts pour se faire connaître, multipliant les rencontres et apparaissant sur le terrain, parfois dans des tenues colorées pour attirer l’attention sur ses priorités, notamment la propreté de la capitale.

Quant à son bilan en tant que ministre, Rachida Dati a mis en avant des réalisations telles que la préservation du patrimoine culturel et l’accès à la culture en milieu rural. Cependant, elle fait face à des critiques concernant les réductions de budget, notamment une baisse de 173,4 millions d’euros sur un budget total de 3,7 milliards d’euros pour son ministère cette année. Ses détracteurs soulignent également les conséquences négatives de ces coupes sur la création et l’emploi dans le secteur du spectacle vivant.

Le mandat de Rachida Dati a également été marqué par les turbulences au Louvre, notamment le vol de bijoux, des problèmes d’infrastructure, et une grève des employés qui a commencé mi-décembre.

À l’approche du premier tour des élections municipales, la candidate Dati se retrouve à un tournant décisif, tant pour sa carrière politique que pour l’avenir de Paris.