Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice, eurodéputée et actuelle maire du 7e arrondissement de Paris, se retrouve au cœur d’une tempête judiciaire. Le 16 septembre 2026, son procès s’est ouvert à Paris, où elle est accusée de corruption et de lobbying illégal en lien avec Carlos Ghosn, ancien PDG de Renault. Au centre des débats, une convention d’honoraires controversée, signée en 2009, et des sommes perçues entre 2010 et 2012 qui suscitent l’intérêt des enquêteurs.
EN BREF
- Rachida Dati est jugée pour corruption et lobbying illégal lié à Carlos Ghosn.
- Un contrat d’avocat de 900 000 euros interroge sur la légitimité de ses activités.
- Une condamnation pourrait menacer sa carrière politique, notamment son mandat de maire.
Les accusations du Parquet national financier soulèvent des questions cruciales sur le mélange des genres entre politique et affaires. Dati se défend en affirmant avoir exercé des missions d’avocate pour Renault, notamment sur des questions internationales touchant le Maroc et l’Algérie. Cependant, le Parquet estime que ces prestations pourraient dissimuler une activité de lobbying, interdite pour un eurodéputé.
Lors de son audition le 18 septembre, Rachida Dati a fermement défendu sa position. « Carlos Ghosn a signé un contrat d’avocat, j’ai signé un contrat d’avocat et j’ai exercé comme avocat », a-t-elle déclaré, précisant qu’elle avait informé Ghosn de sa reconversion politique dès 2009. Cette reconversion a été annoncée au président de la République après la naissance de son enfant, soulignant ainsi un tournant dans sa carrière.
Le contrat d’honoraires, signé le 28 octobre 2009, stipule un montant de 300 000 euros par an hors taxe. Pour Dati, ce montant est justifié par les missions qu’elle a accomplies, mais pour l’accusation, il s’agit d’un « cache-sexe » destiné à masquer des activités de lobbying. L’incompatibilité entre son mandat parlementaire et ses activités d’avocate est au cœur de l’argumentation du Parquet.
Les éléments à charge sont nombreux : les 900 000 euros perçus, des notes professionnelles et une synthèse envoyée à Ghosn en 2013. L’enquête a mis en lumière une activité d’avocate jugée « éparse » par le Parquet, et dont les liens avec son mandat parlementaire soulèvent des doutes sur la nature de son travail.
Un aspect ironique de ce procès est l’absence de Carlos Ghosn, qui vit actuellement au Liban, échappant ainsi aux justices française et japonaise. Dati se retrouve donc seule à porter la défense de ce contrat devenu problématique.
À la barre, elle insiste sur le fait qu’elle n’a jamais eu de contact direct avec Ghosn, affirmant que toutes les réunions se déroulaient en présence de plusieurs collaborateurs. Elle cherche à minimiser l’impact de son activité parlementaire sur ses missions d’avocate, mais l’accusation souligne son implication dans des dossiers liés à l’automobile et ses prises de position favorables à Renault.
Ce procès représente une menace potentielle pour la carrière politique de Rachida Dati. Une condamnation pourrait entraîner une inéligibilité de cinq ans, compromettant son mandat de maire et provoquant des répercussions immédiates sur sa carrière. La pression est particulièrement forte, avec la présence d’associations anti-corruption et de représentants de Renault, soucieux de protéger leur image.
Le dossier Dati-Ghosn est scruté de près par les observateurs politiques et judiciaires. Les relations entre ces deux figures, symboles d’un mélange de pouvoir et d’influence, continueront d’alimenter les débats tant que des doutes subsisteront quant à la légitimité de leurs connexions.