Rachida Dati visée par une enquête : perquisition au siège d’Engie

Un nouvel épisode judiciaire secoue le monde politique français, impliquant l’ancienne ministre de la Culture, Rachida Dati. Selon les informations révélées par « Complément d’enquête » et confirmées par le Parquet national financier, une perquisition a été réalisée le 16 avril dernier au siège d’Engie, anciennement GDF Suez. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une enquête ouverte pour des soupçons de corruption active et passive, de trafic d’influence, d’ abus de biens sociaux et de détournement de fonds publics.

EN BREF

  • Perquisition au siège d’Engie concernant Rachida Dati et des soupçons de corruption.
  • Dati aurait été rémunérée par GDF Suez pour défendre le secteur gazier au Parlement européen.
  • Une enquête interne d’Engie confirme les paiements suspects.

Les enquêteurs cherchent à établir si Rachida Dati a effectivement reçu des rémunérations de la part de GDF Suez durant son mandat d’eurodéputée, en 2010 et 2011. À cette époque, elle avait défendu des positions favorables au secteur gazier, ce qui suscite des interrogations sur l’éventuel conflit d’intérêts. Les policiers de l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) ont ainsi fouillé les locaux d’Engie à la recherche de preuves tangibles concernant des paiements indirects à son profit.

Les révélations de juin 2025, issues d’un précédent reportage de « Complément d’enquête », ont mis en lumière des documents comptables indiquant que Rachida Dati aurait perçu 299 000 euros via un cabinet d’avocats d’affaires, somme que GDF Suez aurait également versée. Ces informations ont suscité l’inquiétude de nombreuses ONG et de militants écologistes qui ont accusé l’ancienne ministre de favoriser les intérêts de l’entreprise, accusations qu’elle dément formellement.

En réaction à ces allégations, Engie a ordonné une enquête interne conduite par son comité éthique. Les premières conclusions de cette enquête indiquent que les paiements litigieux au cabinet d’avocats d’affaires ont bien été retrouvés, renforçant ainsi les soupçons à l’encontre de Rachida Dati.

Les perquisitions ne se sont pas limitées au siège d’Engie. Le 18 décembre, des interventions avaient également eu lieu au ministère de la Culture, à l’époque où Dati y exerçait encore ses fonctions, ainsi qu’à la mairie du 7e arrondissement de Paris, qu’elle dirige, et à ses résidences parisiennes. Les avocats de Rachida Dati n’ont pas répondu aux sollicitations des médias avant la publication de cet article, laissant planer le doute sur sa défense.

Ce dossier soulève des questions complexes sur l’intégrité des personnalités publiques et le lien entre politique et affaires. Alors que la France traverse une période de remise en question de ses institutions, l’affaire Dati-Engie pourrait avoir des répercussions sur la perception du public envers les responsables politiques. La transparence et la lutte contre la corruption sont plus que jamais au cœur des préoccupations citoyennes.

Les prochaines étapes de l’enquête pourraient également éclaircir les relations entre les entreprises et les élus, une thématique qui reste particulièrement d’actualité dans le contexte français. Les résultats de cette enquête pourraient avoir des conséquences significatives, tant pour Rachida Dati que pour Engie, dans un paysage politique déjà fragile.