Le déploiement de nouveaux radars urbains, équipés d’intelligence artificielle, suscite de vives réactions en France. Ces dispositifs, plus petits et discrets que leurs prédécesseurs, devraient être installés en nombre dans les centres-villes d’ici 2027, avec près de 750 unités prévues, alors qu’environ 150 sont déjà en service. Ces radars auront pour mission de contrôler la vitesse des véhicules et de verbaliser les infractions aux feux rouges, une initiative qui soulève des interrogations sur son efficacité et son impact réel sur la sécurité routière.
EN BREF
- Installation de 750 nouveaux radars urbains d’ici 2027
- Utilisation de l’intelligence artificielle pour détecter diverses infractions
- Réactions partagées des conducteurs sur l’efficacité et la finalité des radars
Rémy Josseaume, avocat spécialisé en droit routier, a évoqué ce jeudi 29 octobre sur RMC les caractéristiques de ces nouveaux radars. Selon lui, leur taille réduite leur permettra de s’intégrer plus facilement dans le paysage urbain, et ils seront principalement utilisés pour flasher les excès de vitesse. Certains modèles seront également capables de détecter les infractions liées aux feux rouges.
Une des particularités de ces radars réside dans l’intégration de l’intelligence artificielle, qui permettra de détecter des comportements infractionnels, tels que l’utilisation du téléphone au volant ou le non-port de la ceinture de sécurité. Toutefois, l’avocat reste sceptique quant à cette approche. Il souligne que, bien que l’effet dissuasif des radars soit indiscutable, les autorités devraient se concentrer davantage sur les comportements à risque en milieu rural, où se produisent deux tiers des accidents mortels.
Josseaume a également exprimé des préoccupations concernant l’incapacité de ces radars à détecter certains comportements problématiques sur les routes, tels que l’alcoolémie et l’usage de drogues. En 2025, les radars routiers en France avaient rapporté près de 947 millions d’euros, ce qui a incité de nombreuses collectivités locales à envisager leur installation comme une source de revenus supplémentaires.
Les réactions des conducteurs sont également partagées. Cyril, un chauffeur de VTC, a exprimé son mécontentement, arguant que ces radars sont davantage conçus pour générer des profits que pour améliorer la sécurité routière. Il a souligné que ces dispositifs ne sont pas en mesure de détecter des infractions graves, telles que l’alcool ou les comportements imprudents.
De son côté, Gabin, un jeune conducteur, a reconnu que ces radars pourraient permettre aux forces de l’ordre de se concentrer sur d’autres types de contrôles, tels que ceux liés aux stupéfiants et à l’alcool. Cependant, il a averti sur les risques que pose l’utilisation de l’intelligence artificielle, en insistant sur la nécessité de garder un contrôle sur les infractions détectées.
Une autre inquiétude soulevée concerne les exceptions accordées à certains professionnels, comme les livreurs et les chauffeurs de taxi, qui peuvent ne pas porter de ceinture de sécurité en milieu urbain. Josseaume a précisé que, bien que l’idée d’un croisement des fichiers pour éviter les contraventions injustifiées soit séduisante, elle reste difficile à mettre en œuvre. En effet, les radars identifient un véhicule par son immatriculation, mais pas son conducteur, ce qui complique le processus de contestation des amendes.
Enfin, l’avocat a conclu en soulignant que, dans un souci de gestion des contraventions, il semble plus simple pour les autorités de laisser les personnes verbalisées se défendre plutôt que d’instaurer un système plus complexe pour exonérer ceux qui ont été verbalisés à tort.