Depuis septembre 2023, les forces russes peinent à réaliser des gains territoriaux en Ukraine, affichant une stagnation notable au mois de mars. Selon une analyse de l’AFP, basée sur des données fournies par l’Institut pour l’étude de la guerre (ISW), les troupes russes ont même reculé par endroits face aux forces ukrainiennes.
EN BREF
- Les forces russes n’ont enregistré presque aucun gain territorial en mars 2026.
- Les contre-offensives ukrainiennes et les restrictions de communication affectent l’armée russe.
- La Russie occupe actuellement environ 19 % du territoire ukrainien.
Ce ralentissement des avancées militaires est une conséquence directe de plusieurs facteurs. Alors que l’armée russe avait réussi à s’emparer de 123 km² en février, son avancée est tombée à seulement 23 km² en mars. Ce chiffre ne tient cependant pas compte des opérations d’infiltration qui se déroulent au-delà de la ligne de front, ni des gains revendiqués par Moscou, mais non vérifiés par l’ISW.
Les analystes de l’ISW pointent du doigt les contre-offensives ukrainiennes, mais également des contraintes imposées à la communication. En effet, l’interdiction d’utiliser les terminaux Starlink en Ukraine et les efforts du Kremlin pour restreindre l’accès à Telegram ont eu un impact significatif sur l’efficacité des troupes russes. Telegram, qui est pourtant une messagerie prisée dans le pays, est devenu peu accessible en raison des blocages mis en place par les autorités russes.
Dans le sud de l’Ukraine, les forces russes continuent de perdre du terrain. Entre les régions de Donetsk et Dnipropetrovsk, la Russie avait initialement occupé plus de 400 km² en janvier 2026, mais cette emprise a diminué à 200 km² en février, puis à seulement 144 km² en mars. Cette situation témoigne d’une dynamique de guerre qui semble s’inverser.
À l’inverse, la situation est plus favorable pour les troupes russes dans la région de Donetsk, où elles ont réussi à progresser sur environ 50 km² en un mois. Cela souligne les disparités dans les résultats des opérations militaires à travers le pays. En effet, l’ensemble de l’année 2025 avait permis à l’armée russe de réaliser des avancées significatives, supérieures à celles des deux années précédentes. Cependant, les trois premiers mois de 2026 montrent des gains territoriaux russes deux fois moins importants qu’en 2025 sur la même période.
À ce stade du conflit, qui a débuté il y a quatre ans, la Russie contrôle un peu plus de 19 % du territoire ukrainien. Une majorité de ces gains a été réalisée durant les premières semaines de l’invasion, en février 2022. Il est également important de noter qu’environ 7 % des territoires, incluant la Crimée et certaines zones du bassin industriel du Donbass, étaient déjà sous contrôle russe ou de séparatistes pro-russes avant cette invasion.
La situation actuelle en Ukraine reste donc complexe et évolutive, marquée par un ralentissement des avancées russes et des contre-offensives ukrainiennes de plus en plus efficaces. Les mois à venir seront cruciaux pour déterminer l’issue de ce conflit qui a déjà causé d’innombrables pertes des deux côtés.