Chaque automne, de nombreux promeneurs se retrouvent face à un dilemme : le ramassage de bois mort en forêt. Pour certains, cela semble anodin, presque bénéfique pour l’environnement. Pourtant, un agent de l’Office national des forêts (ONF) rappelle que cette pratique est soumise à des réglementations strictes.
EN BREF
- Ramasser du bois mort en forêt est illégal sans autorisation.
- Le bois mort est crucial pour la biodiversité forestière.
- L’affouage et les ventes de bois sont des alternatives légales.
Le rituel de ramasser quelques branches sèches pour se chauffer peut sembler inoffensif. Cependant, un agent de l’ONF m’a expliqué que le ramassage de bois, quelle que soit sa taille, est interdit dans les forêts domaniales. Il a souligné que l’idée de nettoyer la forêt est une fausse bonne conscience. « Ici, on ne ramasse pas de bois car la forêt n’est pas sale », a-t-il déclaré.
En effet, la législation est claire. Dans les forêts domaniales, la collecte de bois mort est prohibée par le Code forestier. De même, dans les forêts privées, l’article 547 du Code civil stipule que le propriétaire détient les droits sur les fruits et produits de la terre, y compris le bois tombé au sol. Ainsi, même dans les forêts ouvertes au public, le ramassage nécessite l’autorisation du propriétaire ou de l’ONF.
Les forestiers considèrent le bois mort comme un élément essentiel de l’écosystème. Selon l’ONF, environ 25 % des espèces forestières dépendent de cette matière pour leur survie. Après une coupe, les agents laissent intentionnellement des « rémanents », ces branches laissées sur le sol. Dans les forêts publiques, un arbre mort ou sénescent d’au moins 35 cm de diamètre est conservé par hectare, contribuant ainsi à maintenir la biodiversité.
Face à ce constat, le coffre de ma voiture, rempli de bois, prenait une toute autre dimension. Je n’étais pas en train de débarrasser la forêt de ses déchets, mais plutôt de vider les abris d’espèces animales et végétales. Il est vrai que l’ONF procède parfois au retrait du bois mort, comme à Novéant-sur-Moselle, où des interventions sont menées dans le cadre d’un plan de gestion à long terme. Ces opérations, planifiées et décidées en collaboration avec les communes, visent à entretenir la forêt et à adapter ses essences au réchauffement climatique.
Comment alors se procurer du bois pour le chauffage sans enfreindre la loi ? L’agent de l’ONF m’a parlé de l’affouage. Cette pratique est encore courante dans les communes forestières, notamment dans le quart Nord-Est de la France, où les forêts communales sont nombreuses. Grâce à ce système, les habitants peuvent s’inscrire à la mairie pour obtenir une parcelle ou des arbres marqués, qu’ils pourront récolter contre une taxe modique.
Pour les communes qui ne possèdent pas de forêt, l’ONF propose également des ventes de bois destinées à un usage domestique. Chaque transaction est encadrée par un contrat écrit, et l’acheteur doit justifier d’une assurance couvrant sa responsabilité. Il est important de noter que la revente de ce bois est interdite. Dans le cas des forêts privées, l’accord explicite du propriétaire est nécessaire pour pouvoir ramasser du bois.
En somme, face à la tentation de remplir son coffre, il est préférable de se renseigner auprès de sa mairie ou de l’ONF. Cet automne, au lieu de commettre une infraction, j’ai donc choisi d’aller à la source, en poussant la porte de la mairie pour m’informer sur les possibilités légales.