Rapatriement des influenceurs français de Dubaï : une facture à payer

Depuis plusieurs années, Dubaï est devenu un véritable sanctuaire pour les influenceurs français, attirés par un style de vie extravagant, des placements de produits lucratifs et l’absence d’imposition sur le revenu. Cependant, la récente montée des tensions dans le Golfe, exacerbée par des frappes iraniennes, a mis ces célébrités du numérique dans une situation délicate : la crainte d’un rapatriement en urgence payant. La question se pose alors : qui doit réellement financer ce retour en France ?

EN BREF

  • Des influenceurs français à Dubaï demandent leur rapatriement payant.
  • Le coût du rapatriement est fixé à 680 euros par personne.
  • Les critiques fusent sur les réseaux concernant l’exil fiscal et la solidarité nationale.

Début mars 2026, alors que la situation se détériore dans le Golfe, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a conseillé à ses ressortissants de garder leur calme tout en organisant une évacuation rapide. Un message, relayé par plusieurs médias, a précisé les modalités : un départ groupé en bus depuis Dubaï jusqu’à l’aéroport de Mascate (Oman), suivi d’un vol vers Paris. Cependant, cette opération n’est pas gratuite : chaque passager doit s’acquitter de 680 euros, un tarif qui a provoqué une onde de choc en France.

La décision de faire payer ce rapatriement a suscité de vives réactions parmi les Français. De nombreux citoyens ont exprimé leur indignation face à ce qu’ils considèrent comme une faveur accordée à une élite expatriée jugée « déconnectée » des réalités de la vie en métropole. Sur les plateaux de télévision, des intervenants tels que Bruno Poncet sur RMC n’ont pas hésité à ironiser sur la situation : « Ces influenceurs qui se vantent d’être partis ne veulent pas payer d’impôts en France. Aujourd’hui, ils demandent qu’on vienne les chercher. » Une critique qui résonne dans un contexte où la solidarité nationale est questionnée.

Le Quai d’Orsay a été clair sur la question du financement : aucun remboursement de l’État ne sera proposé pour ces retours. Les autorités ont insisté sur le fait que la protection consulaire est limitée et ne dispense pas les citoyens de régler leur rapatriement. Pour les 22 000 Français vivant aux Émirats, cette règle rappelle que la responsabilité individuelle est primordiale, même en situation d’urgence.

Face à la fermeture de l’espace aérien et aux menaces d’attaques, des influenceurs comme Maeva Ghennam, suivie par plus de trois millions de personnes sur Instagram, ont partagé leur détresse sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo, elle a déclaré : « Si jamais il y a une grande guerre, il faut partir. On est Français. La France, protégez-nous. » Cependant, cette détresse est souvent entrecoupée de placements de produits et d’offres promotionnelles, ce qui a provoqué une vague d’indignation parmi leurs abonnés.

Ce contraste entre leur quotidien doré et leurs appels à l’aide a nourri une ironie virale sur Internet. De nombreux internautes ont dénoncé la « déconnexion totale » de ces figures publiques qui, par le passé, affichaient leur réussite fiscale à Dubaï. Des mèmes circulent, capturant l’absurdité de leur situation : « POV : même si Dubaï c’est chaud, je préfère me prendre un missile iranien qu’un missile de l’Urssaf ! » Cette moquerie illustre un sentiment général de mécontentement vis-à-vis de l’exil fiscal, qui est de plus en plus critiqué.

À Dubaï, la situation est également délicate pour ces influenceurs. Les autorités émiraties ne tolèrent pas la diffusion de contenus alarmistes ou non officiels, et des sanctions sévères peuvent être imposées, allant d’amendes importantes à l’expulsion. Maeva Ghennam a d’ailleurs été convoquée par la police pour avoir partagé des informations jugées sensibles. Entre les préoccupations sécuritaires et les critiques incessantes de la part de leurs compatriotes, les influenceurs français doivent naviguer dans une tempête à la fois externe et interne.

Alors que les tensions au Moyen-Orient demeurent vives, l’avenir des influenceurs français à Dubaï semble incertain. Ils doivent faire face à une réalité complexe où le glamour de leur existence s’oppose à la nécessité de répondre aux attentes d’une population française qui se sent souvent laissée pour compte.