Rassemblement antiraciste à Saint-Denis : Bally Bagayoko réagit aux polémiques sur CNews

Au cœur d’une controverse médiatique, le maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a annoncé la tenue d’un grand rassemblement citoyen contre le racisme et les discriminations, prévu pour le samedi 4 avril sur le parvis de son hôtel de ville. Cette initiative survient après des propos jugés racistes tenus lors d’un débat sur CNews, où le psychologue Jean Doridot a comparé l’édile à un « chef de tribu ».

EN BREF

  • Bally Bagayoko organise un rassemblement citoyen pour dénoncer le racisme.
  • Des propos polémiques sur CNews ont suscité des réactions vives.
  • Le maire a annoncé un dépôt de plainte suite à ces attaques.

Le rassemblement, qui débutera à 14H00, est présenté par le maire de la deuxième ville d’Île-de-France comme un événement « populaire et citoyen », visant à défendre les valeurs républicaines de liberté, égalité et fraternité. Dans un contexte où le racisme et les discriminations sont de plus en plus présents dans le débat public, Bagayoko appelle les citoyens à se mobiliser pour faire entendre leur voix.

Élu dès le premier tour des municipales à Saint-Denis-Pierrefitte, Bally Bagayoko, d’origine malienne, a souvent été la cible de commentaires racistes. Ce dernier a fustigé des médias nationaux qui semblent incapables de reconnaître qu’un enfant issu de ses quartiers populaires puisse exercer des responsabilités. Sa déclaration fait écho à une vague de mécontentement croissante face à la stigmatisation des élus issus de la diversité.

Les propos du psychologue Jean Doridot, relayés sur CNews, ont particulièrement enflammé les débats. Lors d’un échange animé, le présentateur a interrogé la légitimité des actions de Bagayoko, se demandant s’il « essayait de pousser les limites ». La réponse de Doridot, faisant référence à l’humanité et à nos ancêtres chasseurs-cueilleurs, a été largement critiquée. Il a évoqué l’idée que dans chaque tribu, il existe un chef chargé d’installer son autorité, suscitant ainsi une analogie malheureuse.

En réaction, la cheffe des députés LFI, Mathilde Panot, a dénoncé un racisme « crasse et décomplexé ». Elle a notamment signalé la comparaison entre Bagayoko et un « singe », un propos qu’elle juge inacceptable. Panot a également annoncé son intention de saisir l’Arcom, l’organisme régulateur de l’audiovisuel, afin de dénoncer ces dérives.

Face à ces attaques, Bally Bagayoko a confirmé qu’il déposerait une plainte, soulignant la nécessité de défendre sa dignité et celle des citoyens qu’il représente. La direction de CNews a quant à elle tenté de minimiser la polémique, affirmant que les propos de Doridot avaient été « délibérément déformés » sur les réseaux sociaux, alimentant ainsi une controverse infondée.

La situation ne s’est pas arrêtée là. Un autre incident a éclaté lorsque le philosophe Michel Onfray a qualifié Bagayoko de « mâle dominant » pour avoir appelé à une forme d’allégeance après son élection. Ces commentaires ajoutent une couche supplémentaire à la tension ambiante, illustrant les difficultés rencontrées par les élus issus de la diversité dans le paysage politique français.

Ce rassemblement du 4 avril constitue donc une réponse collective à ces attaques et une affirmation des valeurs républicaines face à la montée des discours de haine. Bally Bagayoko espère ainsi mobiliser non seulement les citoyens de Saint-Denis, mais également un large éventail de soutiens issus de différents horizons, afin de faire entendre un message de tolérance et de respect dans un climat de plus en plus polarisé.