Réactions contrastées en Iran après la mort d’Ali Khamenei

La mort de l’ayatollah Ali Khamenei, survenue à la suite d’une attaque américano-israélienne, a suscité des réactions profondément divisées au sein de la population iranienne. En effet, au lendemain de cette annonce, des scènes de joie et de colère se sont mêlées dans les rues de Téhéran, révélant des sentiments ambivalents envers le régime en place.

EN BREF

  • La mort d’Ali Khamenei provoque des célébrations et des appels à la vengeance en Iran.
  • Les autorités iraniennes ont décrété une période de deuil de 40 jours.
  • Les tensions avec les États-Unis et Israël risquent d’escalader suite à l’attaque.

Ali Khamenei, au pouvoir depuis 1989, a été tué samedi dernier avec plusieurs hauts responsables militaires, un événement qui a engendré des réactions contrastées parmi les Iraniens. Certains ont exprimé leur joie, tandis que d’autres, choqués, ont manifesté leur inquiétude face à l’avenir incertain du pays.

Une habitante de Téhéran, âgée d’une trentaine d’années, a décrit l’atmosphère ambivalente : « Des cris de joie ont retenti dans tous les quartiers, et les gens sont descendus dans la rue. Cette joie, nous la ressentions alors même que nous étions en pleine guerre des missiles. » Elle a souligné le sentiment d’impuissance face à un régime qu’elle considère comme ayant pris le peuple en otage.

À l’opposé, un autre résident, visiblement sous le choc, a exprimé ses craintes : « Je n’arrive pas à croire ce qui s’est passé. » Ce contraste entre euphorie et désespoir témoigne d’une réalité complexe en Iran, où la méfiance persiste à l’égard des autorités. Les répressions de manifestations en janvier dernier ont laissé des traces profondes dans la société.

Peu après l’annonce de la mort de Khamenei, des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes, accompagnés de slogans tels que « Mort à l’Amérique » et « Mort à Israël ». Les participants, brandissant des portraits du guide suprême, ont exprimé leur désir de vengeance. La télévision d’État a rapporté des manifestations similaires à Chiraz, Yazd, Ispahan et Tabriz.

Dans ce contexte de tension, les autorités iraniennes ont décrété une période de deuil de 40 jours et mis en place sept jours fériés. À Téhéran, la présence policière a été renforcée, particulièrement dans les zones touchées par les explosions, tandis que les commerces restaient fermés.

Un conducteur de camion, inquiet pour l’avenir, a partagé ses réflexions : « La situation à l’heure actuelle dans notre pays n’est pas bonne du tout. Je ne sais pas ce qui va se passer à l’avenir, mais l’avenir n’est pas bon pour nous, les Iraniens. » Il a accusé les États-Unis de vouloir s’emparer des ressources énergétiques de l’Iran, renforçant ainsi l’idée que la mort de Khamenei pourrait mener à une escalade des tensions.

Le président américain Donald Trump a réagi en promettant des frappes de force « sans précédent » si l’Iran réagissait à l’attaque. De l’autre côté, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a affirmé que venger la mort du guide suprême était un « devoir légitime » pour la République islamique. Ali Larijani, responsable de la sécurité du pays, a également promis une réponse sévère aux États-Unis et à Israël.

Pour certains, comme Umut, un responsable d’entreprise, la mort de Khamenei ne changera pas fondamentalement le régime. « Seuls les noms changeront », a-t-il déclaré, prédisant que le pouvoir resterait en place. Il a souligné l’absence de manifestations notables, à l’exception d’une ruée vers les stations-services, témoignant d’un climat de crainte et de résignation.

Alors que l’Iran traverse cette période de turbulences, l’avenir demeure incertain. Les répercussions de la mort d’Ali Khamenei s’annoncent complexes, tant sur le plan intérieur qu’international. Les citoyens iraniens, divisés entre espoir et désespoir, attendent avec impatience de voir comment leur pays évoluera dans les mois à venir.