Réactions des pays arabes après les propos controversés de l’ambassadeur américain en Israël

Ce dimanche 22 février, une onde de choc s’est propagée à travers le monde arabe et musulman à la suite des déclarations de Mike Huckabee, l’ambassadeur des États-Unis en Israël. Lors d’une interview avec le commentateur conservateur Tucker Carlson, Huckabee a affirmé qu’Israël aurait des droits sur des terres s’étendant de l’Égypte à l’Irak, selon une interprétation d’un verset de la Genèse. Ces propos ont suscité de vives protestations au sein de plusieurs nations arabes.

EN BREF

  • Des pays arabes condamnent les propos de l’ambassadeur américain.
  • Mike Huckabee évoque un droit israélien sur de vastes territoires.
  • Israël intensifie son contrôle sur la Cisjordanie occupée.

Les déclarations de Huckabee, ancien pasteur baptiste et fervent soutien d’Israël, ont été perçues comme une provocation. En effet, il a déclaré que les territoires en question « entre le Nil et l’Euphrate » devraient être sous contrôle israélien. Cette vision, qui engloberait pratiquement tout le Moyen-Orient, a été jugée inacceptable par de nombreux pays. Des pays comme l’Égypte, la Turquie et des États du Golfe, ainsi que des organisations telles que la Ligue arabe, ont exprimé leur ferme condamnation.

Dans un communiqué, ces pays ont exprimé leur profonde préoccupation face à des déclarations qu’ils considèrent comme « dangereuses et incendiaires ». Ils estiment qu’elles constituent une menace significative pour la sécurité et la stabilité de la région. L’Iran a également réagi, accusant les États-Unis de complicité active dans les actions israéliennes contre les Palestiniens.

Par ailleurs, l’Autorité palestinienne, qui exerce un contrôle limité sur certaines zones de la Cisjordanie, a rappelé que les propos de Huckabee contredisent les engagements pris par le président américain Donald Trump, qui avait rejeté le projet d’annexion de la Cisjordanie par Israël.

Cette montée des tensions survient alors qu’Israël intensifie ses efforts pour renforcer son contrôle sur la Cisjordanie, un territoire qu’il occupe depuis 1967. Des mesures récentes ont été prises, y compris dans des zones sous contrôle de l’Autorité palestinienne, remettant en question les accords d’Oslo qui avaient été établis dans les années 1990.

Une responsable de l’ONU a récemment évalué que ces actions israéliennes équivalaient à une annexion progressive de facto. Actuellement, plus de 500 000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie, que l’ONU considère comme illégales, entourés par environ trois millions de Palestiniens.

Face à cette vague de critiques, Mike Huckabee a tenté de clarifier certains de ses commentaires via des messages sur X, mais n’a pas abordé la controverse concernant le contrôle territorial par Israël. La Ligue arabe a également exprimé son inquiétude sur X, affirmant que de telles déclarations extrémistes peuvent exacerber des tensions religieuses et nationalistes.

Ces événements surviennent dans un contexte où le « Conseil de paix » mis en place par Donald Trump, qui vise à discuter de la reconstruction de Gaza après les violences récentes, a été ouvert à Washington. Ce processus est d’autant plus complexe dans un climat marqué par des échanges de tirs quotidiens, malgré une trêve fragile entrée en vigueur le 10 octobre 2025.

Dans ce climat tendu, les déclarations de responsables politiques continuent d’attiser les conflits et de compliquer les efforts de paix dans une région déjà instable.