Record d’exécutions en Iran : 1.639 personnes exécutées en 2025, selon des ONG

Les autorités iraniennes ont franchi un cap tragique en 2025, en exécutant au moins 1.639 personnes, un chiffre alarmant qui représente le plus haut niveau d’exécutions depuis 1989. Deux ONG, Iran Human Rights (IHR) et Ensemble contre la peine de mort (ECPM), ont publié ces chiffres le lundi, révélant une augmentation significative par rapport à l’année précédente, où 975 personnes avaient été exécutées.

EN BREF

  • 1.639 exécutions en 2025, soit une hausse de 68 % par rapport à 2024.
  • 48 femmes exécutées, un chiffre record depuis plus de 20 ans.
  • Les ONG mettent en garde contre une augmentation des exécutions liées à la répression des manifestations.

Le rapport indique que le nombre d’exécutions a grimpé de 68 % par rapport à 2024, et inclut 48 femmes parmi les personnes exécutées. Ce chiffre représente une augmentation de 55 % par rapport à l’année précédente, où 31 femmes avaient été condamnées à mort. Les ONG soulignent que cette tendance est alarmante et que la situation pourrait s’aggraver dans le contexte des tensions géopolitiques actuelles, notamment la guerre entre l’Iran, Israël et les États-Unis.

Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l’IHR, a exprimé des préoccupations quant à l’utilisation de la peine de mort comme un outil d’oppression. « En semant la peur, en procédant à une moyenne de quatre à cinq exécutions par jour, les autorités tentent d’empêcher de nouvelles manifestations », a-t-il déclaré. Le rapport met également en lumière le fait que près de la moitié des personnes exécutées en 2025 avaient été condamnées pour des infractions liées à la drogue.

Les ONG alertent sur le sort de nombreux manifestants actuellement détenus, qui risquent la peine capitale. Après les manifestations de janvier 2026, qui ont été réprimées de manière violente, des milliers de personnes ont perdu la vie et des dizaines de milliers ont été arrêtées. Les exécutions de manifestants, notamment en lien avec ces événements, restent une préoccupation majeure.

Les exécutions ont eu lieu principalement à l’intérieur des prisons, bien que le nombre d’exécutions publiques ait plus que triplé, atteignant un total de 11 en 2025. L’Iran utilise principalement la pendaison pour exécuter les condamnés, malgré l’existence d’autres méthodes de peine capitale dans son code pénal.

La situation des droits humains en Iran est d’autant plus préoccupante pour les minorités ethniques, qui sont souvent surreprésentées parmi les personnes exécutées. Les Kurdes et les Baloutches, par exemple, qui pratiquent majoritairement l’islam sunnite, sont particulièrement ciblés par le régime.

En somme, les ONG appellent à une prise de conscience internationale face à la situation alarmante des droits humains en Iran. L’augmentation des exécutions pourrait refléter une stratégie de répression visant à maintenir le contrôle social dans un contexte de crise politique et sociale. Les conséquences de ces actions ne se limitent pas à la perte tragique de vies humaines, mais soulèvent également des questions fondamentales sur la justice et les droits fondamentaux dans le pays.