Record d’expulsions locatives en 2025 : plus de 30 500 ménages contraints de partir

Les expulsions locatives en France ont atteint des niveaux alarmants en 2025, avec plus de 30 500 ménages contraints de quitter leur logement suite à des décisions de justice. Ce chiffre représente une hausse de 27% par rapport à l’année précédente, selon les données récemment publiées par la Chambre nationale des commissaires de justice.

EN BREF

  • 30 500 expulsions locatives en 2025, une augmentation de 27% par rapport à 2024.
  • Augmentation des impayés de loyer, avec 175 000 commandements de payer délivrés.
  • Application stricte des nouvelles lois sur les expulsions et le squat.

En plus des expulsions, les impayés de loyer ont connu une légère progression, avec 175 000 commandements de payer émis, soit une hausse de 2,4%. Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation pour le logement des défavorisés, a souligné que cette situation découle principalement d’un durcissement des procédures judiciaires, lié à la réforme Kasbarian-Bergé de 2023.

Le constat est alarmant : les expulsions se font souvent avec l’assistance de la force publique, et les périodes de grâce pour les locataires en difficulté semblent se réduire. « On constate sur le terrain une absence de tolérance pour les personnes vulnérables, comme celles âgées, malades ou avec de jeunes enfants », a déploré M. Domergue.

Les chiffres d’expulsions en 2024 avaient déjà connu une explosion de 87% par rapport à 2023, conséquence directe de la crise du logement exacerbée par la pandémie de Covid-19. Les retards dans le traitement des dossiers d’impayés, accumulés durant cette période, ont également contribué à la détérioration de la situation.

Des procédures en évolution

Benoît Santoire, président de la Chambre nationale des commissaires de justice, a précisé que bien que la proportion d’impayés demeure relativement faible par rapport aux 15 millions de logements locatifs en France, le durcissement des procédures de recouvrement est palpable. En 2025, un total de 63 700 requêtes d’expulsion a été enregistré, un chiffre similaire à celui de 2024.

Les délais entre le premier impayé et l’expulsion sont estimés à un minimum de 8 mois, mais en pratique, ils peuvent s’étendre jusqu’à 2 ans, notamment en raison des délais d’audiencement. Les nouvelles lois, telles que la loi « anti-squat » de 2023, visent à fluidifier ces processus et à clarifier les indemnités dues aux propriétaires en cas de refus d’expulsion par l’État.

Un constat préoccupant

Une autre tendance préoccupante est l’augmentation des départs à la cloche de bois, où des locataires quittent leur logement sans préavis ni état des lieux, qui a crû de 11,7% en un an. Les commissaires de justice ont enregistré près de 6 000 constats d’abandon de logement en 2025.

À l’heure actuelle, les commissaires de justice ont proposé plusieurs mesures pour améliorer les relations entre bailleurs et locataires, réduire la judiciarisation des impayés et accélérer le recouvrement des loyers. Toutefois, ils ne disposent pas de données récentes sur les squats, se référant à des chiffres datant de 2019.

En résumé, la situation du logement en France reste tendue, avec des tensions croissantes entre les bailleurs et les locataires, exacerbées par des mesures de plus en plus strictes. Le constat est clair : sans des mesures d’urgence et d’accompagnement pour les ménages vulnérables, le risque d’expulsions massives pourrait se poursuivre dans les années à venir.