Réduction des aides à l’embauche d’apprentis : les nouvelles mesures du gouvernement

Le ministère du Travail a annoncé une modification significative des aides financières destinées aux entreprises pour l’embauche d’apprentis. Cette décision, qui impacte particulièrement les niveaux de diplômes, a suscité des inquiétudes parmi les acteurs du secteur.

EN BREF

  • Les aides à l’embauche d’apprentis sont réduites pour les BTS et diplômes d’ingénieur.
  • Les entreprises de moins de 250 salariés verront leur aide passer à 4 500 euros pour les BTS.
  • Maintien de l’aide à 6 000 euros pour les apprentis en situation de handicap.

Initialement fixée à 6 000 euros, l’aide versée aux entreprises pour l’embauche d’apprentis a déjà été réduite l’année dernière. Désormais, pour les PME de moins de 250 salariés, elle se fixe à 5 000 euros, tandis que les grandes entreprises reçoivent 2 000 euros. Ce projet de décret, dont l’AFP a eu connaissance, prévoit une baisse supplémentaire des montants pour les contrats d’apprentissage liés à des diplômes spécifiques.

À partir de 2024, la prime pour les PME et TPE (Très Petites Entreprises) sera de 4 500 euros pour les apprentis préparant un BTS ou un DUT, et de 2 000 euros pour ceux visant un diplôme d’ingénieur, un master ou une licence. Les entreprises de plus de 250 salariés, quant à elles, bénéficieront d’une aide de 750 euros pour les diplômes de niveau supérieur et de 1 500 euros pour les diplômes de niveau Bac + 2.

En revanche, les aides destinées à l’embauche d’apprentis en situation de handicap demeurent inchangées à 6 000 euros. Ces mesures visent à encourager les entreprises à poursuivre leurs efforts d’insertion professionnelle pour les jeunes en situation de handicap, un aspect souvent négligé dans les politiques d’apprentissage.

Ces aides exceptionnelles sont attribuées aux employeurs pour la première année d’exécution des contrats d’apprentissage qui commencent avant le 1er janvier 2027. Le ministère du Travail a évalué que ces changements pourraient générer des économies de l’ordre de 200 millions d’euros pour l’année 2026, et jusqu’à 700 millions d’euros d’ici la fin de l’année prochaine.

Il est important de noter que ces modifications interviennent dans un contexte où le nombre d’apprentis en France a atteint un record, passant de 430 000 en 2017 à plus d’un million en 2023. Ce changement s’explique par l’ouverture croissante de l’apprentissage aux étudiants du supérieur et aux secteurs des services. La question se pose désormais : ces réductions d’aides vont-elles freiner cette dynamique positive ?

Le décret sera appliqué dès sa publication, impactant ainsi tous les nouveaux contrats d’apprentissage. Les entreprises, déjà soumises à des défis économiques, devront peut-être revoir leur stratégie de recrutement d’apprentis face à ces nouvelles conditions. Les réactions des acteurs du marché du travail et des établissements de formation s’annoncent cruciales pour évaluer l’impact de ces mesures sur l’avenir de l’apprentissage en France.