Le procès relatif à l’assassinat de Samuel Paty, survenu en octobre 2020, a pris une tournure inattendue cette semaine, provoquant une vive émotion chez sa famille. Bernadette Paty, la mère du professeur décapité, a exprimé sa colère et son incompréhension après que la cour d’assises spéciale de Paris a décidé de réduire les peines infligées à deux hommes, Naïm Boudaoud et Azim Epsirkhanov, qui avaient joué un rôle dans la logistique de ce crime odieux.
EN BREF
- Deux complices de l’assassinat de Samuel Paty voient leurs peines réduites à 6 et 7 ans.
- La mère de Samuel Paty exprime sa colère et son incompréhension suite à cette décision.
- Les peines des principaux instigateurs de la campagne haineuse contre le professeur ont été confirmées.
Les condamnés initialement à 16 ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat ont été requalifiés en appel pour association de malfaiteurs, sans que le caractère terroriste de leurs actes ne soit retenu. Ce changement a conduit à des peines de six et sept ans de prison, ce qui a été perçu comme une injustice par la mère de Samuel Paty, qui ne peut comprendre comment la justice a pu évoluer de la sorte entre les deux procès.
Bernadette Paty a exprimé son indignation sur les ondes de RTL, affirmant : « Comment voulez-vous comprendre, entre le premier et le deuxième procès, ces écarts ? » À ses yeux, il est difficile de croire que les deux accusés n’étaient pas au courant des intentions meurtrières de l’assassin, Abdoullakh Anzorov, qui avait tué Samuel Paty pour avoir présenté des caricatures du prophète Mahomet lors de son cours sur la liberté d’expression.
Ce jour-là, le 16 octobre 2020, la France avait été secouée par cet acte de violence, et la mémoire de Samuel Paty est toujours très présente dans l’esprit de ses proches et de ceux qui ont soutenu sa cause. Avant d’être abattu par la police, Anzorov avait commis un acte de barbarie qui a conduit à une mobilisation sans précédent pour la défense de la liberté d’expression.
Bernadette Paty a également souligné la chape de plomb qui s’est abattue sur sa famille après le verdict. Ce sentiment d’incompréhension est d’autant plus fort que les avocats des deux accusés ont fait valoir qu’ils n’avaient jamais eu l’intention de nuire à Samuel Paty. « Le verdict n’est que l’application d’un principe simple et fondamental : il n’y a pas de crime si on n’a pas eu l’intention de le commettre », ont-ils réagi, suscitant l’indignation de la mère du professeur.
En revanche, la famille de Samuel Paty a exprimé sa satisfaction concernant les peines infligées à Brahim Chnina, le père d’un élève, et à Abdelhakim Sefrioui, un militant islamiste, condamnés respectivement à dix et quinze ans de réclusion pour leur rôle dans la campagne de haine qui a précédé l’assassinat. Bernadette Paty a déclaré : « On espère que cette condamnation va faire réfléchir pour que plus jamais on n’assassine un professeur parce qu’il a fait un cours qui a déplu. »
Alors que cette affaire continue de susciter des débats sur la liberté d’expression et la responsabilité des complices dans des actes de terrorisme, la colère de Bernadette Paty met en lumière le besoin de justice et de vérité pour ceux qui ont perdu des êtres chers dans des circonstances si tragiques.