Réforme de la terminale professionnelle : Edouard Geffray annonce des changements majeurs

Dans une interview accordée aux Échos, le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, a reconnu que la réforme de l’année de terminale professionnelle, mise en place en 2024-2025, n’a pas atteint ses objectifs. Il a souligné qu’il était nécessaire de tirer des leçons de cet échec et d’apporter des modifications significatives à l’organisation du parcours différencié pour les lycéens professionnels.

EN BREF

  • Edouard Geffray annonce un retour des épreuves du bac à la mi-juin.
  • Le stage en entreprise sera réduit à deux semaines, intervenant avant la mi-mars.
  • Les syndicats expriment des inquiétudes face aux changements annoncés.

Le ministre a précisé que le calendrier des épreuves du baccalauréat professionnel sera modifié, les examens étant désormais prévus dans la seconde moitié de juin. Cette décision vise à garantir que l’année scolaire soit pleinement consacrée aux apprentissages, une nécessité selon lui. Auparavant, les épreuves avaient été avancées à la mi-mai, dans l’espoir d’introduire un parcours supplémentaire pour les élèves, mais ce dernier a été largement ignoré.

Les élèves auraient dû bénéficier d’un stage en entreprise ou de cours intensifs pour préparer leur entrée dans l’enseignement supérieur. Cependant, Edouard Geffray a reconnu que peu d’entre eux avaient effectivement participé à ces activités. Ce constat a conduit à une réévaluation des objectifs de la réforme, qui avait été présentée par le président Emmanuel Macron comme une mesure pour revaloriser la voie professionnelle.

Modifications apportées au parcours

Les modifications annoncées par le ministre incluent également un ajustement du dispositif de stage. À partir de la prochaine rentrée, les lycéens devront effectuer un stage de deux semaines maximum, contre quatre semaines cette année et six initialement prévues. Cette période de stage sera organisée avant la mi-mars, permettant ainsi aux élèves de finaliser leurs vœux sur la plateforme Parcoursup en toute connaissance de cause.

Edouard Geffray a affirmé : « Je souhaite laisser la main aux chefs d’établissement. Selon les parcours et les diplômes, ils y réserveront deux semaines, consécutives ou non. » Cette flexibilité vise à adapter le dispositif aux besoins spécifiques des élèves et à mieux répondre à la réalité du marché du travail.

Réactions des syndicats

Les réactions des syndicats face à ces changements ont été variées. Le Snetaa-FO, premier syndicat de l’enseignement professionnel, a exprimé son mécontentement face au maintien du parcours différencié, en dépit de sa réduction. Dans un communiqué, ils ont dénoncé une décision qui pourrait engendrer une colère parmi les enseignants et les élèves : « C’est une annonce qui va provoquer, avec encore un espoir déçu, une réelle colère auprès de tous les collègues ! » ont-ils averti.

Le Snuep-FSU a également critiqué la décision, affirmant que le parcours personnalisé n’est pas complètement abandonné et que les inégalités d’orientation risquent de perdurer. En revanche, le SE-Unsa a réagi de manière plus mesurée, saluant le changement tout en appelant à une réflexion approfondie sur la formation des élèves dans la voie professionnelle.

En supplément, Edouard Geffray a annoncé la mise à disposition de 40 000 places d’internat afin de faciliter les stages pour les élèves issus de milieux ruraux, une mesure qui pourrait contribuer à élargir les opportunités d’apprentissage et d’expérience professionnelle pour ces jeunes.

La réforme de la terminale professionnelle, qui s’inscrit dans une volonté de modernisation de l’éducation française, continue de susciter des débats. Avec des ajustements en cours, il reste à voir comment ces nouvelles mesures seront perçues par les élèves, les enseignants et les familles dans les mois à venir.