À partir de janvier 2027, une réforme majeure impactera près de 15 000 seniors en situation de handicap, leur imposant une perte de revenus significative. Cette mesure, résultant d’une décision prise dans la loi de finances de 2017, mettra fin au cumul entre l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH) et l’Allocation de Solidarité Spécifique (ASS), entraînant des conséquences alarmantes pour les personnes concernées.
EN BREF
- La fin du cumul AAH et ASS menace 15 000 seniors d’une perte allant jusqu’à 600 euros par mois.
- Les associations alertent sur les conséquences graves sur la précarité et les droits à la retraite.
- Aucune solution de compensation ni plan d’action n’a été annoncé par les pouvoirs publics.
Cette réforme, qui se concrétisera après une période de transition de dix ans, risque de plonger de nombreux bénéficiaires dans une précarité accrue. Les seniors concernés, souvent des demandeurs d’emploi de longue durée âgés de plus de 50 ans, se retrouvent dans une situation d’incertitude totale.
Le cumul des aides AAH et ASS a permis à ces individus de maintenir un certain niveau de vie. Avec l’ASS pouvant atteindre 604 euros par mois, sa suppression marquera une perte financière significative. Bien que l’AAH soit maintenue, son montant à taux plein de 1 041,59 euros ne compensera pas la perte de l’ASS, laissant les bénéficiaires sans alternative viable.
Carole Salères, responsable plaidoyer de l’association APF France handicap, souligne l’ampleur de la situation : « Il faut imaginer que ce sont des personnes très précarisées qui vont perdre jusqu’à 600 euros par mois, c’est énorme. » Cette perte de revenus constitue un véritable choc émotionnel pour des personnes déjà fragilisées par leur handicap.
Le profil des seniors touchés est bien établi. Ils sont souvent éloignés du marché du travail depuis de nombreuses années, ce qui complique la recherche d’un emploi pour compenser cette perte. La plupart d’entre eux ont vécu des parcours professionnels marqués par des difficultés liées à leur situation de handicap, ce qui les rend d’autant plus vulnérables face à cette réforme.
Le silence persistant des pouvoirs publics face à cette situation inquiète les associations. Malgré les alertes lancées, le ministère de l’Autonomie et des Personnes handicapées n’a pas proposé de plan d’action. L’absence de dispositifs d’information spécifiques laisse les bénéficiaires dans l’incertitude, sans repères ni solutions.
Outre l’impact immédiat sur leurs finances, la suppression de l’ASS pose également un problème sur les droits à la retraite des seniors. Contrairement à l’AAH, l’ASS permet de valider des trimestres pour la retraite. Sa perte pourrait donc compromettre le montant futur de leur pension, aggravant ainsi une précarité déjà installée.
Les conséquences de cette réforme s’annoncent donc lourdes. APF France handicap appelle le gouvernement à faire preuve de transparence et à agir rapidement pour éviter de laisser ces milliers de citoyens dans l’angoisse et la précarité. Face à cette urgence sociale, il est crucial de trouver des solutions pour protéger les droits et la dignité de ces seniors en situation de handicap.
Dans ce contexte, les mois à venir seront déterminants. Les familles, les associations et les acteurs de la société civile doivent se mobiliser pour défendre les droits de ces personnes vulnérables et garantir leur accès à une vie décente. La solidarité et l’engagement collectif seront essentiels pour faire face à cette situation alarmante.