Réforme des allocations familiales : la majoration repousse à 18 ans, des familles en souffrance

À partir du 1er mars 2026, un changement important affectera les allocations familiales en France. La majoration de ces allocations, qui se produisait auparavant à 14 ans, sera désormais applicable uniquement lorsque l’enfant atteindra l’âge de 18 ans. Cette décision, visant à financer un nouveau congé de naissance, soulève des inquiétudes au sein de plusieurs associations qui anticipent un manque à gagner pour de nombreuses familles.

EN BREF

  • La majoration des allocations familiales est repoussée de 14 à 18 ans.
  • Les familles concernées pourraient perdre jusqu’à 900 euros par an.
  • Ce changement vise à financer un nouveau congé de naissance, dans un contexte de baisse de la natalité.

Jusqu’à présent, les familles avec deux enfants bénéficiaient d’une augmentation des allocations lorsque leur plus jeune enfant atteignait 14 ans. Pour les familles ayant trois enfants ou plus, cette majoration était accordée pour chaque enfant franchissant cet âge jusqu’à ses 20 ans. Désormais, avec cette réforme, la majoration ne sera plus accordée qu’à 18 ans, ce qui représente un manque à gagner significatif pour les familles concernées.

Le ministère des Solidarités et des Familles a justifié cette mesure en se basant sur une logique de réallocation plus adaptée aux « besoins réels ». Selon les autorités, un enfant de 14 ans n’engendre pas des coûts plus élevés qu’un enfant de 10 ans, les dépenses augmentant principalement avec les études supérieures et l’entrée dans la vie active. Ce décalage devrait permettre d’économiser environ 210 millions d’euros dès cette année et 1,2 milliard par an d’ici quatre ans.

Ces économies permettront de financer un nouveau congé de naissance, prévu pour entrer en vigueur le 1er juillet. Ce congé, promis par le président Emmanuel Macron, sera de deux mois pour chaque parent, rémunéré à hauteur de 70 % du salaire net le premier mois et 60 % le second.

Cependant, cette réforme suscite de vives critiques, notamment de la part du Haut Conseil de la Famille, de l’Enfance et de l’Âge (HCFEA). Sa présidente, Hélène Périvier, a souligné que cette mesure affectera particulièrement les familles nombreuses et modestes, dans un contexte déjà préoccupant où la pauvreté infantile est en augmentation.

Le Conseil d’administration de la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) a également exprimé son désaccord avec cette décision, arguant que les familles avec des adolescents nécessitent un soutien financier accru. Selon l’Union nationale des associations familiales (Unaf), un adolescent coûte 250 euros de plus par mois qu’un enfant en primaire, en raison de ses besoins alimentaires, de loisirs et d’équipement plus élevés.

Les associations pointent également du doigt le fait que les excédents de la Cnaf, qui sont utilisés pour financer d’autres branches de la Sécurité sociale, pourraient être mieux investis pour soutenir les familles plutôt que de réduire les allocations.

La réforme s’inscrit dans un contexte de recul historique de la natalité en France, avec seulement 644 000 naissances enregistrées en 2025, soit une diminution de 2,3 % par rapport à l’année précédente et 24 % par rapport à 2010. Ce niveau de natalité est le plus bas depuis la Seconde Guerre mondiale, ce qui rend d’autant plus préoccupante cette réforme qui pourrait avoir des répercussions sur les choix des familles.

En somme, cette réforme des allocations familiales représente un tournant significatif pour les familles avec des adolescents. Alors que le gouvernement met en avant des mesures pour soutenir la natalité, certaines voix s’élèvent pour dénoncer des décisions qui pourraient exacerber les difficultés des familles en situation précaire.