À partir du 1er septembre 2026, un changement majeur affectera le système des arrêts maladie en France. Un décret impose de nouveaux plafonds concernant la durée des premières prescriptions d’arrêts de travail, ainsi qu’un rythme de consultations médicales plus fréquent pour les salariés. Cette réforme vise à encadrer les arrêts maladie longs, jusqu’ici peu régulés, en instaurant un suivi médical plus rigoureux.
EN BREF
- À partir de septembre 2026, les arrêts maladie initiaux seront limités à 31 jours.
- Les prolongations d’arrêts de travail seront désormais plafonnées à 62 jours.
- Les patients devront consulter régulièrement pour valider leur arrêt, prévenant ainsi les abus.
Jusqu’à présent, les médecins pouvaient prescrire des arrêts de travail de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, dès la première consultation. Ce système, bien que flexible, a entraîné une augmentation significative des arrêts maladie, avec une hausse de 10 % entre 2019 et 2024, atteignant 9,1 millions de prescriptions. En 2025, l’Assurance Maladie a versé 17,9 milliards d’euros d’indemnités journalières, suscitant des inquiétudes sur la viabilité financière du système.
Face à cette situation, le gouvernement a décidé de renforcer le contrôle des arrêts maladie. À partir de septembre 2026, un arrêt maladie initial ne pourra pas excéder 31 jours. Au-delà, une nouvelle consultation sera nécessaire. Ce même principe s’applique aux prolongations d’arrêts, désormais limitées à 62 jours maximum. Les patients devront donc consulter un professionnel de santé pour chaque prolongation, ce qui permettra de s’assurer que la situation de santé justifie l’absence.
Cette réforme concerne toutes les professions de santé habilitées à prescrire un arrêt, y compris les sages-femmes et les chirurgiens-dentistes. Un cadre uniforme sera établi pour garantir un suivi médical cohérent. Les salariés souffrant de pathologies lourdes continueront d’être pris en charge sans remise en cause de leur droit à un arrêt prolongé. Cependant, la fréquence des consultations sera augmentée.
Un aspect crucial de cette réforme est que les plafonds de durée ne sont pas absolus. Un médecin pourra toujours prolonger un arrêt au-delà de ces nouvelles limites s’il juge que l’état de santé du patient le justifie, en tenant compte des recommandations de la Haute Autorité de santé. L’objectif reste clair : réduire les abus tout en préservant les droits des salariés réellement malades.
Dans la pratique, cela signifie que les salariés en arrêt prolongé devront se rendre chez leur médecin plus fréquemment, potentiellement tous les quatre à neuf semaines, ce qui pourrait engendrer une pression supplémentaire sur un système médical déjà sollicité. Les médecins généralistes, déjà en tension face à une demande croissante, devront s’adapter à cette nouvelle réalité.
En conclusion, cette réforme marque un tournant dans la gestion des arrêts maladie en France. Elle vise à instaurer un suivi médical plus rigoureux tout en préservant le droit à un arrêt de longue durée pour ceux qui en ont réellement besoin. Ce changement, qui entrera en vigueur cet automne, modifiera sans aucun doute la dynamique au sein des cabinets médicaux et l’expérience des patients concernés.