Les conditions d’utilisation du Compte personnel de formation (CPF) vont subir un nouveau durcissement avec une réforme annoncée par le gouvernement. À partir de 2027, les salariés pourraient faire face à un reste à charge significatif pour certaines formations, une mesure qui s’inscrit dans un contexte budgétaire strict.
EN BREF
- Le reste à charge pour les salariés pourrait passer de 150 à 350 euros.
- Le gouvernement vise à réaliser des économies tout en orientant les dépenses vers des secteurs prioritaires.
- Les conditions d’utilisation du CPF se durcissent, impactant particulièrement les seniors.
La réforme à venir, dont les détails seront présentés début octobre, prévoit d’augmenter le coût des formations pour les salariés. Actuellement, un montant forfaitaire de 150 euros est requis pour accéder aux formations via le CPF. Avec la nouvelle mesure, les salariés pourraient devoir débourser jusqu’à 350 euros pour certaines formations, ce qui représente une augmentation de 200 euros.
Cette initiative vise à générer des économies estimées entre 300 et 350 millions d’euros dans un contexte de rigueur budgétaire. Les nouvelles conditions de financement pourraient ainsi orienter les bénéficiaires du CPF vers des formations jugées prioritaires. Les salariés qui choisissent des formations classées comme « non prioritaires » et qui ne bénéficient d’aucun cofinancement se retrouveraient donc avec des coûts additionnels.
Les catégories protégées
Il est à noter que certaines catégories de salariés seront exemptées de ces nouvelles règles. Les demandeurs d’emploi engagés dans des formations prioritaires, ainsi que les personnes bénéficiant d’un cofinancement de leur employeur ou d’un autre organisme, ne seront pas concernés par cette hausse des coûts. De plus, certaines formations considérées comme stratégiques pour l’économie resteront également protégées.
Les secteurs mentionnés comme prioritaires incluent le numérique, l’intelligence artificielle, l’industrie, la transition écologique, la défense et le secteur médico-social. Le gouvernement prévoit de dresser une liste officielle des formations certifiées et prioritaires, en concertation avec les partenaires sociaux.
Un encadrement renforcé
En parallèle de l’augmentation des coûts, le gouvernement entend également encadrer plus strictement l’utilisation du CPF. Les salariés devront justifier leur choix de formation en répondant à un questionnaire sur leur projet professionnel avant d’accéder à leur CPF. Ce processus vise à vérifier la cohérence entre la formation choisie et le parcours professionnel des bénéficiaires. En cas de projet jugé insuffisamment justifié, les salariés pourront être orientés vers un conseiller en évolution professionnelle.
Cette évolution pourrait freiner l’accès à la formation pour les seniors, qui ont souvent un CPF bien rempli et qui s’en servent avant de partir à la retraite pour se former dans de nouveaux domaines ou se perfectionner dans leurs passions.
Le CPF représente un droit pour les salariés, avec des milliards d’euros dépensés chaque année. En 2025, plus de 1,2 million de formations ont été lancées grâce à ce dispositif. Malgré une baisse du nombre de dossiers, dû à des restrictions déjà mises en place, le coût du CPF reste un sujet de préoccupation pour les finances publiques.
Le gouvernement a également souligné que certaines formations financées par le CPF ne répondent pas toujours aux besoins du marché du travail. Ainsi, la réforme vise à réaliser des économies tout en réorientant les dépenses vers les secteurs où la demande de main-d’œuvre est la plus forte.
Cette réforme n’est pas encore adoptée, mais elle s’inscrit dans une série de restrictions qui ont déjà modifié les règles d’utilisation du CPF. Les salariés souhaitant bénéficier de formations, de bilans de compétence ou de reconversions seraient bien avisés de se lancer dans leurs projets avant la fin de l’année 2026, afin d’éviter les nouvelles conditions qui pourraient entrer en vigueur.
Il convient de préciser que, bien que le coût des formations augmente, certaines catégories, comme les demandeurs d’emploi engagés dans des formations prioritaires, resteront exonérées. Les enjeux de cette réforme soulignent l’importance pour les salariés de bien anticiper leurs projets de formation dans un environnement en constante évolution.