À Chalon-sur-Saône, Régis, 54 ans, exerce le métier de gardien de nuit dans un Ehpad depuis plus d’une décennie. Sa rémunération, bien que modeste, lui permet de vivre, mais soulève des questions sur la gestion de ses finances face à des charges croissantes.
EN BREF
- Régis touche 1 890 € nets par mois, incluant une prime de nuit.
- Ses charges mensuelles s’élèvent à 969 €, soit plus de la moitié de son salaire.
- Il met de côté entre 100 et 200 € par mois, mais les imprévus le guettent.
Une rémunération juste mais insuffisante
Le salaire de Régis, dont la base se situe à 1 620 € nets, est légèrement au-dessus du SMIC. Grâce à une prime de nuit de 210 €, il parvient à atteindre 1 890 € nets par mois, versés régulièrement le 28 de chaque mois. Toutefois, Régis souligne que sans cette prime, il serait en grande difficulté financière, tout comme de nombreux collègues.
« La nuit, soit vous êtes là, soit personne ne l’est. Il n’y a pas vraiment de rab possible », déclare-t-il, soulignant la nature particulière de son travail nocturne. En effet, les heures de nuit sont souvent peu prisées, ce qui lui permet de conserver son emploi.
Des charges mensuelles conséquentes
Régis loue un T2 de 48 m² pour 490 € par mois, un loyer qui n’a pas augmenté depuis quatre ans. Ses autres charges incluent l’électricité, qui coûte en moyenne 75 € par mois, ainsi que son assurance habitation et auto, représentant respectivement 14 € et 52 €. La mutuelle santé est un autre poste de dépense essentiel, s’élevant à 68 € mensuels.
Sa voiture, une Clio de 2012, lui impose également des frais de 140 € par mois pour l’essence et l’entretien. Régis rembourse également un crédit à la consommation de 95 € pour des travaux dans son ancien logement. Au total, ses charges fixes atteignent 969 €, soit plus de la moitié de son salaire net.
Des dépenses variables et un budget serré
En matière de dépenses variables, Régis consacre environ 260 € par mois à ses courses alimentaires, se nourrissant principalement de plats simples. Il apprécie de sortir deux fois par mois avec des amis, pour un budget total de 60 €. Sa vie sociale est limitée en raison de ses horaires décalés.
Les loisirs lui coûtent environ 45 € mensuels, incluant un abonnement à des services de streaming et quelques sorties au cinéma. Malgré cela, le tabac représente un poste de dépense important, avec un budget de 90 € par mois. « C’est peut-être le premier truc que je devrais couper, mais la nuit, sans clope, c’est encore plus long », confie-t-il.
Après avoir additionné toutes ces dépenses, Régis se retrouve avec environ 431 € à la fin de chaque mois. Cependant, il reste conscient que ce montant peut disparaître rapidement en cas d’imprévus. L’an dernier, une réparation de voiture lui a coûté 600 €, effaçant plusieurs mois d’épargne.
Un mode de vie sobre
Régis parvient à mettre de côté entre 100 et 200 € chaque mois sur un Livret A. Actuellement, il a accumulé 2 400 € d’épargne de précaution. Bien qu’il ne prévoie pas d’achat immobilier, son souhait de pouvoir dormir une matinée entière sans être dérangé constitue son véritable luxe.
Alors que le salaire médian en France s’élève à environ 2 100 € nets par mois, Régis se situe légèrement en dessous. Pour compenser cette différence, il adopte un mode de vie sobre, presque monastique. « On ne me demande jamais comment je vis avec ce salaire, alors qu’on me confie des gens fragiles toute la nuit », conclut-il, révélant ainsi sa lucidité face à la réalité de son métier.
Cette réflexion met en lumière le décalage entre son travail essentiel et la reconnaissance financière qu’il en reçoit, posant la question de la valorisation des métiers de nuit et des services à la personne.