Remaniement gouvernemental repoussé : Lecornu attend la motion de censure du RN

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a décidé de reporter le remaniement gouvernemental, initialement prévu cette semaine. Cette décision est motivée par l’attente d’une éventuelle motion de censure déposée par le Rassemblement national (RN). Selon des sources concordantes au sein de l’exécutif, ce remaniement pourrait avoir lieu au plus tôt en milieu de semaine prochaine.

EN BREF

  • Le remaniement gouvernemental est repoussé en raison d’une motion de censure du RN.
  • Sébastien Lecornu attend des clarifications sur la discussion parlementaire.
  • Amélie de Montchalin prendra ses fonctions ce lundi, nécessitant des nominations officielles.

Le Premier ministre a exprimé qu’il attendait de connaître la date à laquelle la motion de censure du RN sera discutée. Dans un souci de respect pour le Parlement, il estime qu’il ne serait pas approprié de modifier le gouvernement avant cette échéance. Initialement, un ajustement gouvernemental était envisagé d’ici le 22 février, mais cela ne sera finalement pas possible.

Le Rassemblement national, qui espérait un soutien transpartisan pour cette motion, s’attaque à la feuille de route énergétique récemment établie par décret. Le parti critique ce qu’il qualifie de « passage en force » et pourrait déposer son texte dès lundi. Si cela se concrétise, un examen en hémicycle pourrait avoir lieu mercredi, ce qui entraînerait le report inévitable du remaniement.

Dans le cadre de ce remaniement, trois ministres au moins devraient quitter le gouvernement. La prise de fonction d’Amélie de Montchalin, qui débute ce lundi, contraint l’exécutif à officialiser certaines nominations dès dimanche. Selon plusieurs sources gouvernementales, David Amiel, ministre délégué à la Fonction publique, est pressenti pour la remplacer. Reste à savoir s’il sera nommé immédiatement ou si Roland Lescure, ministre de l’Économie, assurera un intérim temporaire.

Bien que l’entourage de Sébastien Lecornu insiste sur le fait que la situation de Rachida Dati n’a pas d’impact sur les nominations, des sources proches du Président indiquent que la ministre de la Culture ne semble pas pressée de quitter son poste. Elle est décrite comme « s’accrochant comme une bernique » et exerçant du lobbying pour prolonger son mandat. Lors d’une déclaration faite mercredi dernier, elle a promis de quitter le gouvernement avant les élections municipales, dont le premier tour est prévu pour le 15 mars. Rachida Dati a rappelé que d’autres ministres, comme Édouard Philippe en 2020, avaient réussi à mener leur campagne tout en occupant leurs fonctions.

Pour la remplacer, Catherine Pégard, ancienne présidente du château de Versailles et conseillère d’Emmanuel Macron, est également pressentie. Son expérience dans le domaine culturel et sa proximité avec le président pourraient jouer en sa faveur dans ce remaniement attendu.

Cette période d’incertitude et de tensions au sein du gouvernement souligne les défis auxquels fait face l’exécutif alors qu’il se prépare pour les élections municipales à venir. Les prochains jours seront cruciaux pour déterminer la direction que prendra le gouvernement et la manière dont il répondra aux préoccupations soulevées par les différents partis d’opposition.