Le sujet des cures thermales ne cesse de susciter des débats en France. Alors que le gouvernement cherche à réduire ses dépenses pour équilibrer le budget 2027, une nouvelle proposition pourrait venir impacter le remboursement de ces soins. Après une tentative infructueuse en 2025, l’exécutif envisage à nouveau de diminuer ou même de supprimer le remboursement par la sécurité sociale, qui représente un coût de 260 millions d’euros par an pour le système de santé.
EN BREF
- Le gouvernement envisage de réduire le remboursement des cures thermales en 2027.
- Une proposition de suppression totale du remboursement a été faite par un député macroniste.
- La Haute autorité de Santé doit rendre un avis sur l’efficacité des cures à l’automne 2026.
Avec un volume d’activité estimé entre 4,5 et 5 milliards d’euros, les cures thermales jouent un rôle crucial dans l’économie de nombreuses villes. Cependant, leur coût pour la sécurité sociale suscite des interrogations. En 2025, le gouvernement sous l’égide de Olivier Lecornu avait proposé une réduction drastique du remboursement : passer de 65 % à 15 % pour les patients ordinaires et de 100 % à 65 % pour ceux souffrant d’affections longues durées (ALD). Cette initiative avait provoqué une vive réaction, notamment de la part des députés de droite et d’un élu de La France insoumise, qui avaient exprimé leur désaccord face à cette mesure.
Actuellement, le député du bloc central, Sylvain Maillard, relance le débat en suggérant de supprimer complètement le remboursement des cures thermales. Dans une déclaration sur le réseau social X, il a affirmé : « Le remboursement des cures thermales coûte 260 millions d’euros par an à la sécurité sociale. Je voterai un amendement pour le supprimer. »
Ce questionnement sur l’avenir des cures thermales est d’autant plus pertinent que la Haute autorité de Santé doit formuler un avis sur leur efficacité médicale à l’automne 2026. Cet avis pourrait influencer la décision du gouvernement concernant une éventuelle réforme du remboursement.
Pour les utilisateurs de ces soins, comme Joël, un retraité ayant pratiqué des cures pendant dix ans, les bénéfices sont indéniables. Il témoigne : « J’ai évité des traitements lourds grâce à ces cures. Ce ne sont pas des vacances, mais trois semaines de soins intensifs qui apportent un véritable soulagement. » Joël souligne également que certains médecins semblent peu informés sur l’efficacité des cures thermales, ce qui pose un problème de prescription.
De son côté, Didier Giraud, agriculteur, met en lumière l’importance d’une bonne orientation médicale. Il évoque des cas où des patients reçoivent des prescriptions pour des pathologies spécifiques, soulignant que des cures adaptées peuvent apporter des résultats positifs lorsqu’elles sont bien prescrites. Cela révèle un besoin d’information et de sensibilisation autour des bienfaits des cures thermales.
Les cures thermales continuent d’attirer un public en croissance. En 2024, près de 470 000 personnes ont bénéficié de soins dans des établissements thermaux, qui emploient environ 20 000 personnes. Cette dynamique montre que, malgré les doutes sur leur efficacité, ces soins demeurent populaires et sont considérés comme essentiels par de nombreux patients.
Le débat sur le remboursement des cures thermales est loin d’être clos. Les décisions qui seront prises dans les mois à venir pourraient avoir un impact significatif sur l’accès à ces soins pour de nombreux Français, ainsi que sur l’économie des villes thermales. Alors que la situation financière de la sécurité sociale est en jeu, l’avenir des cures thermales dépendra de la capacité du gouvernement à équilibrer les besoins de santé publique et les impératifs budgétaires.