Chaque année, plus de 470 000 Français bénéficient de cures thermales, souvent remboursées par la Sécurité sociale, un avantage que beaucoup considèrent acquis. Cependant, Sylvain Maillard, député d’Ensemble pour la République de Paris, a récemment relancé le débat sur ce sujet sensible en évoquant des économies à réaliser dans le domaine de la santé.
EN BREF
- Un député propose de supprimer le remboursement des cures thermales.
- Le coût annuel du remboursement s’élève à 260 millions d’euros.
- Plus de 470 000 Français ont recours à ces cures, dont un quart pour des affections de longue durée.
Le sujet des cures thermales n’est pas nouveau. Lors de l’automne 2025, le gouvernement avait envisagé de réduire la prise en charge de ces traitements, prévoyant de passer le remboursement de 65 % à 15 %. Cette mesure visait à réaliser des économies d’environ 200 millions d’euros dans le cadre des efforts du gouvernement pour améliorer le pouvoir d’achat des Français. Toutefois, la proposition avait finalement été abandonnée avant l’examen du budget 2026, bien que la question des cures thermales n’ait jamais vraiment disparu des discussions.
La Haute Autorité de santé a été saisie pour évaluer l’efficacité des cures thermales, un sujet qui divise le milieu médical. Un premier avis est attendu pour l’automne 2026, avec un rapport complet prévu pour fin 2027. Pendant ce temps, la recherche d’économies sur les dépenses sociales demeure une priorité affichée par de nombreux responsables politiques, quelle que soit leur tendance.
Dans ce contexte, Sylvain Maillard a récemment pris la parole sur les réseaux sociaux. Il a déclaré que le remboursement des cures thermales coûtait à l’Assurance maladie 260 millions d’euros par an et a jugé ce coût injustifié. Dans un message publié le 5 septembre 2026, il a affirmé : « Je voterai un amendement pour le supprimer. » Cette déclaration intervient alors que les discussions sur le budget de la Sécurité sociale pour 2027 commencent à prendre forme.
Il est important de noter que cette position, bien que personnelle, souligne une préoccupation plus large concernant le financement des soins de santé. Les cures thermales sont considérées comme une dépense à scrutin, au même titre que d’autres postes de dépenses examinés dans le cadre des arbitrages budgétaires à venir.
La question des cures thermales ne concerne pas seulement des chiffres, mais également des territoires entiers. Les professionnels du secteur, ainsi que les élus des communes thermales, redoutent un impact économique et social considérable si la proposition de Maillard venait à être mise en œuvre. En effet, en 2024, plus de 470 000 personnes ont effectué une cure thermale, dont un quart pour des affections de longue durée, bénéficiant parfois d’une prise en charge intégrale.
Une éventuelle suppression du remboursement ne ferait pas qu’affecter les finances de la Sécurité sociale ; elle transférerait également un coût considérable vers les patients. Dans un contexte où les Français sont de plus en plus attentifs à leur reste à charge en matière de santé, cette question devient d’autant plus délicate.
Le calendrier entourant ce débat est également crucial. Avec l’avis de la Haute Autorité de santé prévu pour fin 2026 et l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2027 qui s’annonce, le temps presse pour trancher sur cette question. La déclaration de Sylvain Maillard indique clairement que le sujet des cures thermales sera à nouveau au cœur des discussions, indépendamment de la décision finale du gouvernement.
La tension entre le besoin d’économiser des fonds publics et le droit des citoyens à des soins de santé abordables se traduit par un dilemme complexe. Avec 260 millions d’euros d’un côté et 470 000 curistes de l’autre, l’équation budgétaire est serrée. Il reste à savoir si ce débat, déjà reporté une fois, ira cette fois jusqu’au vote.