Remboursement des protections menstruelles réutilisables pour les jeunes : une annonce attendue

Le jeudi 16 avril, les ministères de la Santé et de l’Égalité femmes-hommes ont fait une annonce significative concernant le remboursement des protections périodiques réutilisables, telles que les cups et les culottes menstruelles. Cette mesure, qui sera effective dès la rentrée universitaire prochaine, concerne environ 6,7 millions de personnes, principalement les femmes de moins de 26 ans ainsi que les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), sans limite d’âge.

EN BREF

  • Le remboursement des protections menstruelles réutilisables sera effectif à la rentrée.
  • Cette mesure touche 6,7 millions de personnes, dont les jeunes et les bénéficiaires de la C2S.
  • Le dispositif a été retardé à plusieurs reprises, suscitant de nombreuses interrogations.

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a insisté sur l’importance de cette initiative, déclarant que « la précarité menstruelle n’est pas une fatalité ». Elle a ajouté que « c’est une injustice à laquelle nous devons répondre avec détermination ». De son côté, Aurore Bergé, ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, a souligné que « aucune femme, aucune jeune fille ne devrait avoir à renoncer à son hygiène intime : c’est une question de santé et de dignité ».

Cette annonce n’est pas une surprise totale. En effet, le 8 mars 2023, le gouvernement d’Élisabeth Borne avait déjà fait mention de cette mesure, qui a été inscrite dans le budget de la Sécurité sociale pour 2024. À l’époque, l’extension du remboursement aux bénéficiaires de la C2S était prévue, et il était annoncé que le dispositif entrerait en vigueur rapidement. Cependant, le décret d’application n’a jamais été publié, laissant place à un flou persistant.

En septembre dernier, l’association Règles Élémentaires, active dans la lutte contre la précarité menstruelle, a révélé que le dispositif était « reporté sine die », sans calendrier précis. Cette situation a été perçue comme une manière d’enterrer la promesse gouvernementale. Pendant ce temps, de nombreuses personnes ont continué de faire face à des difficultés financières, devant jongler entre leurs besoins d’hygiène et d’autres dépenses essentielles.

Les changements fréquents au ministère de l’Égalité femmes-hommes ont également ajouté à la confusion. Les annonces se sont multipliées, mais sur le terrain, beaucoup croyaient que le remboursement était déjà en place. Ce contexte a fait émerger des questions sur l’engagement réel du gouvernement face à la précarité menstruelle, un enjeu qui touche non seulement les femmes, mais également les hommes trans et les personnes non-binaires, souvent laissés de côté dans les politiques publiques.

Avec l’annonce de cette mesure, un feuilleton de trois ans semble enfin prendre fin. Cependant, des interrogations persistent quant à la mise en œuvre effective de cette promesse. Les acteurs concernés attendent avec impatience le décret d’application, qui devra suivre les mots avec des actes concrets.

Cette mesure constitue un pas important vers une meilleure reconnaissance des droits sanitaires des jeunes et un effort pour réduire les inégalités en matière d’accès aux produits d’hygiène. Les mois à venir seront déterminants pour voir si le gouvernement tiendra ses engagements.