Le procès de François Thierry, ancien directeur de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), s’est ouvert ce lundi 2 mars 2026 au tribunal correctionnel de Bordeaux. Le parquet, qui avait initialement prononcé un non-lieu, a décidé de réexaminer le dossier, entraînant des réquisitions contre l’ex-patron de l’Office des stups. Cette affaire concerne un arrivage record de sept tonnes de cannabis, intercepté en plein Paris en 2015, et soulève des questions sur la responsabilité des autorités dans la lutte antidrogue.
EN BREF
- François Thierry est jugé pour complicité de trafic de stupéfiants.
- Le parquet a révisé sa position après un non-lieu initial.
- Le procès a débuté dans un contexte de réforme de la lutte antidrogue.
Lors de cette audience, la défense de François Thierry a mis en avant sa stratégie « Myrmidon », qui consistait à infiltrer des réseaux de trafic en utilisant des informateurs. Selon lui, cette méthode, bien que critiquée, visait à démanteler les filières criminelles. Thierry, âgé de 57 ans, a reconnu avoir commis des erreurs, tout en affirmant n’avoir jamais voulu cacher des informations aux autorités judiciaires.
Le dossier est d’autant plus complexe en raison de l’absence de Sophiane Hambli, le principal informateur de Thierry, qui est jugé par défaut. Hambli, soupçonné d’être le commanditaire de l’importation du cannabis, se présente comme un « logisticien » d’une opération validée par l’Ocrtis. Actuellement détenu au Maroc, il risque jusqu’à 20 ans de prison pour son rôle dans cette affaire.
Les réquisitions du ministère public, qui devraient durer plusieurs heures, visent à clarifier le rôle de chaque acteur dans ce dossier hors norme. Les juges d’instruction avaient précédemment renvoyé Thierry devant le tribunal pour des faits de complicité de trafic et de destruction de preuves, aux côtés de plusieurs autres prévenus, ce qui illustre la gravité de la situation.
Le procès se déroule dans un contexte de réforme de la lutte antidrogue en France, en conséquence des dysfonctionnements révélés par cette affaire. Les autorités cherchent à établir des protocoles plus stricts pour éviter que de telles situations ne se reproduisent. François Thierry a également évoqué les tensions entre les différents services de police, ce qui a été qualifié de « guerre des services ». Il a admis un « naufrage opérationnel » lors de l’une des saisies de cannabis, mettant en lumière les failles du système en place.
En attendant la fin du procès, prévue pour le 31 mars 2026, cette affaire continue de susciter des débats autour de la gestion du trafic de stupéfiants en France. Les réquisitions du parquet pourraient influencer non seulement le sort de François Thierry, mais également l’avenir des méthodes de lutte contre le trafic de drogues.
Dans ce contexte, la question se pose : jusqu’où peut-on aller pour infiltrer des réseaux criminels sans compromettre la sécurité publique et le cadre légal ? Les réponses apportées par ce procès pourraient avoir des répercussions sur la politique antidrogue du pays.